L’Oral et Hardi

 auteur

Jean-Pierre Verheggen

 metteur en scène

Jacques Bonnaffé

 date

du 15/09/2009 au 09/10/2009

 salle

Théâtre de la Bastille,
Paris

 appréciation
 tags

Jean-Pierre Verheggen / Théâtre de la Bastille

 liens

Théâtre de la Bastille

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Cela faisait plusieurs années qu’on lisait et entendait beaucoup de bien des spectacles de Jacques Bonnaffé. Seul en scène ou accompagné d’un musicien, l’acteur et metteur en scène paraissait y développer un sens de la poésie mêlé à une bonne dose d’absurde. Cette rentrée théâtrale constitue donc un excellent moyen pour nous de découvrir enfin l’un de ses spectacles. Pour cette saison, le Français a choisi de réciter des poèmes de Jean-Pierre Verheggen, écrivain belge opérant entre décalage et surréalisme.

Seul sur un plateau agrémenté de deux petites estrades, d’un micro et de quelques accessoires, Bonnaffé livre un monologue où s’enchaînent, à un rythme effréné, les poèmes du Belge. L’écriture en prose de ce dernier s’orne régulièrement d’un travail sur la langue, d’une pratique de l’allitération (« truands et truandes du pire truisme ») et de jeux de mots fréquents, le tout enchâssé dans une logorrhée tourbillonnante. Profitant de ce débit, l’acteur court d’un bout à l’autre du plateau, se démène sans compter, en profite pour imiter Jean d’Ormesson ou André Malraux, tout en maintenant une élocution parfaitement compréhensible, gommée de tout trou de mémoire.

Parfois, le poète (ou l’acteur) se laissent aller à quelques facilités, mais elles demeurent, sur la durée du spectacle, plutôt isolées : allusion à la phrase malheureuse de Brice Hortefeux sur les arabes Auvergnats, raillerie du sabir managérial (truffé de « besoins neuro-linguistiques de la structure et des pratiques » et « concepts analytiques qui interviennent dans le suivi de la démarche des acteurs sur le terrain ») ou jeu de mots faiblards (un poétique quatrain devient un sportif 4-1 ou le titre même de la représentation). On préféra largement les moments où, sortant de la restitution pure et simple, Bonnaffé se fit fort de discourir sur sa propre prestation. Sur le ton du commentateur sportif populo (« ah que voilà de bien belles images, comme on aimerait en voir plus souvent ! ») ou du chauffeur de salle (« avant que le spectacle commence, laissez-moi vous dire deux mots »), il entrelace distance schizophrénique et matérialisation du surmoi et crée des ruptures de rythme indispensables à la réussite du spectacle.

Autres dates :
 10 octobre 2009 : Théâtre municipal – Coutances
 du 14 au 16 octobre 2009 : Théâtre 140 – Bruxelles
 17 octobre 2009 : Théâtre d’Auchel
 19 mars 2010 : Salle Polyvalente - Crouy sur Ourcq
 20 mars 2010 : Foyer Rural - Villiers Saint Georges
 21 mars 2010 : Salle des fêtes - Villiers Sous Grez
 24 et 25 mars 2010 : Théâtre – Blois
 22 avril 2010 : Centre André Malraux – Hazebrouck
 23 avril 2010 : Bateau Feu – Dunkerque
 du 26 au 29 avril 2010 : Théâtre du Point du Jour – Lyon
 3 mai 2010 : Théâtre Jean Villard – Montpellier
 1er et 2 juin 2010 : Nouveau Théâtre – Angers
 18 septembre 2010 : Scène Watteau - Nogent-sur-Marne
 13 et 14 octobre 2010 : Maison de la culture - Bourges
 du 24 au 28 mai 2011 : Nouvel Olympia - Tours
 26 et 27 avril 2012 : Comédie - Saint-Étienne

François Bousquet
le 24/09/2009

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