Rémi de Vos
Éric Vigner
du 15/10/2009 au 14/11/2009
Théâtre du Rond-Point,
Paris
Bien que cela fait quelques années que le nom de Rémi de Vos est parvenu à nos oreilles, nous n’avions jamais encore eu l’occasion de voir l’un de ses spectacles. Sextett, créé à Lorient et repris au Théâtre du Rond-Point avant une courte tournée, nous permet donc de découvrir de plus près l’écriture du jeune dramaturge français qui retrouve ici son personnage de Simon, déjà au centre de Jusqu’à ce que la mort nous sépare. Après avoir enterré sa grand-mère dans cette pièce précédente, celle-ci débute lorsqu’il entre dans la maison de sa mère tout juste décédée. Alors que les souvenirs remontent, cinq jeunes femmes vont l’accompagner dans ce travail de deuil, plutôt charmeuses sexuelles que consolatrices larmoyantes.
Pour jouer le personnage de Simon, Micha Lescot se donne sans compter, balançant sa silhouette longiligne (jambes effilées, minceur taillée dans un costume noir ajusté) sur le plateau, chutant régulièrement au sol ou esquissant des pas de danse. Au fur et à mesure de ses rencontres avec des jeunes femmes, des tentations qui naissent, de ce mélange Éros-Thanatos, de la description d’une scène orgiaque avec messieurs masqués en costume et femmes dénudées, d’un « Let’s Fuck » sortant de la bouche d’une des protagonistes, une influence directe se fait jour : Eyes Wide Shut et son Bill Hardford qui erre dans New-York, se fait séduire par plusieurs jeunes femmes, se rend à une soirée très privée avant de rentrer tout penaud chez lui et d’entendre, comme dernière réplique, sa femme lui proposer, le lendemain, comme solution à la crise de leur couple « Let’s Fuck ». Mais si Stanley Kubrick est donc convoqué par l’auteur et son metteur en scène Éric Vigner, on est loin de la tenue des films de l’Anglais, le texte de Rémi de Vos peinant à véritablement captiver l’attention.
Usant d’un burlesque bien senti dans quelques répliques (« C’est la première fois que ma mère meurt » constate ainsi Simon) et quelques situations (apparition d’une bimbo siliconée ou d’une femme à tête de chien), la partition théâtrale se fait globalement trop étirée, trop distendue, jusqu’à user le spectateur, lassé par des répétitions qui n’en finissent plus (« Et je bave » prononcé une bonne vingtaine de fois par la femme-chien en l’espace de cinq minutes) et des scènes dont la durée idoine n’est que rarement trouvée. En outre, on ne sera pas surpris d’apprendre que la mère de Simon était en réalité son père (et vice-versa), ne s’étonnant plus de cette forme de surenchère qui, cependant, ne bascule pas dans le grand-guignol. Peut-être aurait-il fallu d’ailleurs, plutôt que cet entre-deux qui nous a finalement profondément ennuyés…
Autres dates :
– du 17 au 19 novembre 2009 : Comédie de Reims
– du 26 au 28 novembre 2009 : Centre Dramatique National - Orléans
– 1er et 2 décembre 2009 : Maison de la culture d’Amiens
– 4 décembre 2009 : Théâtre de Cornouailles - Quimper
– du 12 janvier au 6 février 2010 : Espace GO - Montréal
le 02/11/2009