26/11/2009
Rigoletto,
Paris
Kirikoo Des / Lentonia Records / Matterlink / Phoebe Jean / Rigoletto / Videolove
On passait ce soir au Rigoletto avant tout pour revoir le duo formé par Phoebe Jean et Kirikoo qui nous avaient plutôt impressionnés deux semaines auparavant. La soirée était organisée par Lentonia Records, petite structure parisienne aux sorties éparses, gérée par Elmapi qui a sorti deux albums ainsi que des vinyles de A&E et EDH.
C’est Videolove qui ouvre la soirée, duo composé de Elmapi et Matterlink. On avait pu apprécier le travail de ce dernier quelques mois plus tôt à la Société de Curiosités aux côtés d’Alexei Borisov mais on découvrait Elmapi et le duo pour la première fois. Il s’agit avant tout d’une musique électronique et brute, franche, et de vocaux tantôt parlés, tantôt chantés, d’une voix malheureusement approximative et mal assurée. Comme en juillet dernier, Matterlink assure un mixage tant sonore que visuel puisque les sons des bribes de films qu’il projette viennent enrichir une base très rythmique d’Elmapi.
Une prestation scénique qui nous laissera globalement un sentiment très mitigé, un peu dommage quand on devinait que quelques chansons, à l’image de Sur la droite pouvaient avoir un certain potentiel dans un registre électro-pop.
Deuxième partie avec Phoebe Jean et Kirikoo que l’on voyait donc pour la deuxième fois en 2 semaines, mais avec un set très court lors de la soirée Let’s Kiss & Make Up, ne nous donnant qu’un petit aperçu de leur travail.
Kirikoo en guise d’introduction, produisant des drones vocaux et sonorités tournoyantes, le tout traité et mis en boucle en direct, quelques élans révélant de subtiles influences hip-hop, et puis surprise avec un changement complet de registre sur le morceau suivant. Phoebe Jean est à la basse, Kirikoo à la batterie, et c’est sur cette base rock épurée que Phoebe pose sa voix, jouant alors dans un registre plus rock marqué par le début des années 80. Le duo naviguera ensuite entre deux eaux sans que l’on ne retrouve véritablement ce que l’on avait apprécié dans leur précédente prestation. Des morceaux ici nettement plus posés avec à la rigueur une lente évolution, mais surtout l’impression de voir ce soir deux projets séparés alors que l’on avait tant apprécié le mélange de deux univers bien différents.
Le concert est en grande partie basé sur l’improvisation. A plusieurs reprise le duo se lance dans des joutes verbales et si Phoebe Jean joue des chansons bien écrites, Kirikoo navigue dans un style franchement free, semblant chercher les accidents. Et puis en fin de concert le duo semble se retrouver, en particulier sur deux titres que l’on considère comme leurs tubes : douces boucles électroniques sur syncopes rythmiques, duo au chant esquissant quelques pas de danse avec au final une impression d’équilibre instable entre brutalité et douceur.
On sortira de ce concert un peu déçu après notre enthousiasme suite à leur prestation à la Maroquinerie, le regret d’y voir un manque de cohésion, la voix de Phoebe Jean trop en retrait, et le fait peut-être aussi que le duo était un peu coincé sur la petite scène du Rigoletto.
Après ça, un troisième concert était prévu avec le groupe El Gran Chufle qui jouait dans un registre assez éloigné des musiques dont nous parlons sur ce site. Aussi, après deux titres d’une pop chaleureuse, latine et festive, on quittait le Rigoletto.
le 06/12/2009