05/12/2009
Société de Curiosités,
Paris
L’avantage d’être un artiste aux multiples projets solo, c’est qu’avec le même équipement (un simple laptop et quelques machines), on peut proposer plusieurs sets dans la même soirée. Illustration ce soir à la Société de curiosités où Martin Juhls clôturait sa quinzaine parisienne (il était en résidence au GRM) avec deux prestations : la première sous son pseudonyme Krill.Minima, la seconde sous celui de Marsen Jules.
Pour débuter, il éteignit toutes les lumières et proposa un morceau unique d’une grosse demi-heure, commençant par un sample tiré d’une musique de film de David Lynch, influence avouée et évidente de cette ambient composite. Nappes multiples, intégration successive des textures et superposition de plus en plus riche et dense : les éléments caractéristiques de ce style musical étaient bien présents, relayés efficacement par le dispositif sonore du petit espace de concert. Disposé en configuration spatiale 7.1, celui-ci fut en effet propre à créer cette forte sensation d’enveloppement et à optimiser l’effet recherché par la composition de Krill.Minima. Quelques glitches soudains firent alors leur apparition, dont on apprendra à l’issue du set qu’ils résultaient en réalité du passage d’une basse fréquence à une autre. Pas prévus, ils s’insérèrent pourtant dans la prestation sans que le musicien ne s’en émût, ravi même de ce tour que lui joua son logiciel.
Après une petite pause, place donc au concert de Marsen Jules que l’Allemand annonça comme étant la copie conforme de celui donné il y a quelques années à l’OPA, au moment de la sortie d’Herbstlaub, son premier album paru sur City Centre Offices. À l’époque de sa recension (février 2005), on avait souligné les quelques points forts de cette ambient chaleureuse, tout en remarquant qu’elle ne témoignait pas de suffisamment de qualités par rapport à celle proposée par d’autres artistes du genre (pas sûr, d’ailleurs, qu’on ait réécouté cet album depuis). Sentiment assez similaire avec la traduction live, manifestant une évidente maîtrise (travail en flux et reflux, intervention de bribes mélodiques et de tintements) mais ne marquant pas véritablement l’auditeur familier de ce style. Éclairé par quatre petites veilleuses allumées devant ses instruments, Martin Juhls mit en place des structures plus anxiogènes que lors de sa première prestation et développa un propos moins homogène, faisant davantage sentir le passage d’un titre à l’autre.
le 08/12/2009