29/11/2002
Glaz’Art,
Paris
Flint Glass / Glaz’Art / Mimetic / Mlada Fronta / Wired Brain
Une grosse soirée électro-indus au Glaz’Art avec Mimetic et Mlada Fronta en tête d’affiche tous les deux chez Parametric, et deux artistes dont nous n’avions jamais entendu parler avant aujourd’hui, à savoir Wired Brain (Cortex Records), et Flint Glass (Brume Records).
Les lives vont s’enchaîner à raison d’un toutes les heures, le premier étant à 22h30 avec Flint Glass, muni d’une Roland MC-505 et d’un ordinateur. Un premier morceau qui laisse présager du meilleur avec un joli travail sur les ambiances un peu sombres, de beaux bruitages, et une rythmique qui sert d’accompagnement en relevant un peu l’ensemble. Un petit problème technique viendra perturber le début de ce concert, mais une fois résolu la machine fonctionnera sans encombre avec une légère montée en puissance, des rythmiques plus présentent mais toujours travaillées, et un final un peu plus calme, bref un live bien conçu et une musique fort séduisante, electronica aux influences industrielles.
Son album Hierakonpolis à l’air tout à fait recommandable.
On sera par contre beaucoup plus réservé sur la prestation de Wired Brain. Un petit clavier pour commander les machines, et une guitare, tel est l’équipement de cet artiste fort chevelu. Rythmique lourde et malheureusement linéaire, petites mélodies ou lignes de basse un peu faciles, forme la base d’une musique enveloppée par des nappes de grosse guitare rageuse, avec un son déjà entendu.
On regrettera donc un manque d’originalité pour une musique qui s’avère finalement taillée pour le dancefloor puisqu’elle est certes très efficace.
On passe ensuite au gros morceau de la soirée, en commençant par Mimetic, le projet de Jérôme Soudan dont on a déjà un peu parlé ici en tant qui Mimetic Mute. Crâne rasé, combinaison blanche, et laptop, le contraste avec Wired Brain est assez éloquent. Il commence très fort, un peu trop peut-être, et on aura un peu de mal à rentrer dans sont set dur et minimaliste. Des petites sonorités stridentes viennent s’intercaler, parfois une mélodies un peu trancey transforme un morceau en une petite merveille, une rythmique industrielle calquée sur une construction tribale, quelques voix apporte un sens nouveau, un peu de poésie dans ce monde de brute. Mimetic esquisse un univers personnel à la fois dur et tendre dans lequel on a plaisir à finir par se perdre dans un final apocalyptique. On attendait pas mal de chose de ce live, et nous n’avons pas été déçu.
L’attente est aussi grande pour Mlada Fronta et là aussi, pas de déception, bien au contraire. On sera moins surpris par sa musique car nous avons beaucoup écouté le dernier album Oxydes dont on retrouvera quelques sonorités, comme le mélange de nappes douces et ce qui nous fait penser a des scratches saturés sur le premier titre. Le rythme est très soutenu en mélangeant des basses profondes et des chuintements saturés sur des constructions complexes s’orientant vers la drum’n bass et le break beat dans les moments les plus rapides.
En fait c’est tout à fait le genre de musique que l’on peut produire en série en se contentant de faire tourner des boucles rythmiques, mais Rémy sait doser les choses, et change de direction afin de ne jamais lasser. Mais surtout, son live est un exemple d’énergie brute et communicative. Il semble lui-même pris de convulsions, s’agite dans tous les sens, chaque partie de son corps semble bouger selon un rythme propre, semble être associée à un son particulier.
Avec cette débauche de rythme et de sonorités fracassées, et malgré des intros plus calme, Mlada Fronta risque malheureusement de lasser, et même si une partie du public en demandait encore, après un peu plus d’une heure de live nous étions presque heureux de voir le bout d’un concert à la fois génial et infernal.
le 01/12/2002