Wajdi Mouawad
Igor Mendjisky
du 26/11/2009 au 09/01/2010
Théâtre Mouffetard,
Paris
Écrite à la suite du succès de Littoral, l’une de ses premières pièces, Rêves permet à Wajdi Mouawad de se confronter à la question de l’écriture avec ce portrait d’un jeune auteur, Willem, qui va passer la nuit dans une chambre d’hôtel, entouré de ses personnages. Montée en fin de saison dernière au Studio-Théâtre d’Asnières par Igor Mendjisky et la compagnie Les Sans Cou, cette pièce, pas aussi connue que la tétralogie de Mouawad, se trouve reprise dans Paris intra-muros au Théâtre Mouffetard.
Conformément à la promesse que laissait entrevoir l’argument, la première moitié du spectacle voit Willem être secoué par un personnage figurant son imagination tandis que, très habilement, celui incarnant le rythme va proposer un accompagnement musical sommaire mais judicieux (nappe sonore, Glockenspiel, bodhrán, djembé). Cette humanisation des concepts constituant une piste tout à fait pertinente, on regrette que Mouawad ne la délaisse pour préférer donner corps au personnage principal du roman de Willem (L’Homme qui marche) qui va, dans la grande tradition universaliste du Franco-Libanais, être interprété par plusieurs comédiens, aussi bien homme que femme. Narrant leur histoire commune pour que l’écrivain puisse la coucher en direct sur le papier, ces différents Homme qui marche font chacun leur tour, et de manière hautement prédictible, leur petit monologue, debout au milieu du plateau tandis que les autres sont assis autour de lui ou d’elle.
De surcroît, le récit qu’ils content est parsemé de massacres, d’étranglement et de population exilée ; éternelles thématiques favorites de Mouawad, qu’on retrouve dans toutes ses créations. S’il ne s’agit pas de lui reprocher de faire état de ses préoccupations, de creuser son sillon de pièce en pièce et d’avoir ainsi défini un style bien personnel, on pourra regretter que, même dans un spectacle qui aurait pu s’en écarter, il ne parvient pas à s’en départir.
le 20/12/2009