(Mosz / La Baleine)
12/05/2009
Rock

On découvrait Métalycée en 2004, et ce projet fondé par Armin Steiner et Nik Hummer nous avait tout de suite emballé. On en parlait alors comme si Radian s’amusait à remixer des groupes de métal : guitares saturées et fines déconstructions rythmiques. Il y a un peu plus d’un an on retrouvait le groupe cette fois sous forme de quintet avec synthés, basse et voix sur un EP qui permettait d’entrevoir l’évolution tout en gardant encore un pied dans leurs premiers travaux. Aujourd’hui le virage semble bien passé, et si Métalycée est toujours chez Mosz, ils composent aujourd’hui une musique bien différente.
En fait ce qui commençait à apparaître sur leur EP paru chez Interstellar Records est maintenant une formule adoptée pour l’ensemble de l’album, et on arrêtera de comparer Métalycée à Radian. L’arrivée de Melita Jurisic dans le groupe semble avoir été un élément décisif dans l’évolution de Métalycée tant sa voix est présente et marquée. Si ses collaborations musicales ne sont pas récentes (elle a déjà travaillé dans le passé avec Fritz Ostermayer, Peter Szely, ou encore Thilges3), elle est principalement reconnue en tant qu’actrice et même nommée meilleure actrice en 1987 au festival de Venise pour son rôle principal dans The Tale of Ruby Rose. Elle en impose de suite avec un spoken word sombre, rappelant quelques formations gothiques quand sa voix se fait murmurée, malsaine, à bout de souffle sur Something Sick ou venue d’outre tombe sur You Promised Me. Chantant finalement assez rarement, son jeu se rapproche parfois du hip-hop et de la performance théâtrale en faisant grandement appel à sa carrière de comédienne et actrice.
La musique semble du coup n’être qu’un accompagnement, jouant un peu avec les mêmes codes. On retrouve généralement les guitares épaisses, saturées, déjà présentes sur le premier album de Métalycée qui se jouait du genre en les détournant, mais qui semblent maintenant faire partie intégrante du projet, formant un tout logique avec la voix. Les six cordes forment alors des déchirements bruitistes sur Satisfy My Soul, elles vrombissent telles des machines sur It Is Not, et forment comme un rouleau compresseur lorsque la rythmique défile imperturbablement sur le très bon You Promised Me. L’impression que la voix domine est certainement appuyée par une instrumentation parfois très minimale, en particulier sur les titres les plus calmes comme les très doux Jezebel et surtout le grave et dérangé Donal Og qui nous fait penser à un Nick Cave féminin. Sur les dix titres de l’album, il ne reste plus qu’un instrumental (là où le premier album était majoritairement instrumental), un Spiders on Toast franchement brut, rock quasi industriel.
Assez logiquement, ce virage n’est pas tout à fait à notre goût et Another White Album restera pour l’heure notre album préféré de Métalycée. Le groupe gagne ici en nervosité, en puissance, mais perd un peu en finesse même si quelques pièces fonctionnent très bien. Au final ce n’est peut-être pas le même public qui écoutera ces deux albums.
le 27/12/2009