(Spank Me More Records / Internet)
00/05/2009
Rock

Pas vraiment convaincu par l’album de Pentark, première sortie du label belge Spank Me More Records, on avait un peu laissé de côté ce UseLess de iCu, pourtant abrité dans un surprenant et joli habillage de feutrine. C’est quelques mois plus tard que l’on se décide à y jeter une oreille et à se faire surprendre.
iCu est un projet un peu à part. Inattendu déjà pour son auteur, Cyrille de Haes, bassiste et contrebassiste ayant déjà œuvré au sein de multiples formations. C’est lors de séances d’expérimentations en solo qu’ont commencé à naître quelques ébauches qui ont fini par être développées afin d’en faire des pièces indépendantes. UseLess peut alors être considéré comme une compilation de travaux et recherches qui se sont déroulés pendant deux ans, offrant toutefois un ensemble parfaitement cohérent et bien mené.
Naturellement, ce sont les basses qui sont à l’honneur, donnant tout de suite une couleur bien particulière à cet album ce qui peut déjà être un critère de choix pour les amateurs du genre. Justement on est plutôt client. Cependant, la base du travail de Cyrille de Haes étant l’expérimentation, les sonorités sont ici assez variées, permettant d’éviter tout aspect démonstratif et se rapprochant parfois, dans l’approche, des musiques free (gratouillis tendus et bruitages expérimentaux de Crossword Puzzle).
En pratique, l’album s’ouvre sur le post-rock aérien de 3am, une fort belle ballade où se croisent et se mêlent les couches de guitare. On y pense ici, et plus encore sur Empty House, mais régulièrement c’est le nom de Tortoise qui nous vient à l’esprit à l’écoute de ces mélodies de basse ou guitares veloutées. Pour rester dans les références, on pourra effectivement penser à Steve Reich (une influence revendiquée par l’artiste), en particulier sur Miró 2 qui sonne ensuite très jazz contemplatif à la manière du label ECM. Quelques éléments sortent du lot comme Contemplation, plus proche de la musique électroacoustique que du (post-)rock, ou Inner Space qui semble d’abord inspiré par La Panthère Rose d’Henry Mancini avant de décoller au gré de petites notes éclatantes.
Tantôt clair, épuré voir minimal, tantôt dense et tendu quand les textures ne cessent de s’amplifier jusqu’à des déchirements bruitistes sur Y, l’album reste tout de même marqué par une douce nonchalance que viennent confirmer les 10mn de Twin Peaks qui conclut l’album. Lente mise en place des mélodies qui se croisent, se répondent, se complètent, fin travail d’habillage de textures, et finalement des guitares surprenantes, très rock progressif, à croire que l’on a là un instrumental du Alan Parsons Project.
Un album fait d’expérimentations tout en gardant le plaisir des mélodies, aucune contrainte marketing, UseLess sent à plein nez l’album fait par plaisir et avec plaisir. Ca tombe bien, on a à peu près autant de plaisir à l’écouter.
le 28/12/2009