12/01/2010
Pop In,
Paris
Alors que l’on suit les sorties de Saxon Shore, formation aux membres originaires d’un peu partout aux Etats-Unis, depuis leurs premiers enregistrements en 2002 et 2003, il nous semble que le groupe n’avait pas encore effectué de tournée en France. C’est à présent chose faite avec une date à Lyon et, programmée au dernier moment, une date à Paris. Pour l’occasion, et après s’être débarrassé de la première partie (un duo français folk-pop sans aucun intérêt) et de son public très comme il faut, une trentaine de personnes rejoignirent la petite salle du Pop In.
Dès la première minute de This Shameless Moment, titre d’ouverture de leur concert, nous nous retrouvâmes, presque malgré nous, avec un grand sourire aux lèvres, emplis d’une forme de jouissance immédiate, transportés par un post-rock lyrique marqué par des murs de guitare, une batterie martialement frappée et une basse aux accords frénétiques. Répétant ce même schéma pendant les quarante-cinq minutes de leur prestation, les quatre musiciens offrirent des morceaux extrêmement classiques pour qui s’attache un peu à ce genre musical mais qui, à une période où on en écoute certainement moins qu’il y a quelques années, font diablement plaisir à entendre (comme quoi, tout est définitivement affaire de contexte). Passant des mailloches (coups plus sourds) aux baguettes (interventions plus énergiques), Stephen Roessner dirigeait les débats derrière ses fûts et cymbales tandis que William Stichter ne cessait de gratter sa basse. Au premier plan, les guitaristes Matthew Doty et Oliver Chapoy alternaient passages en trémolo et adjonction d’effets grâce aux multiples pédales posées à leurs pieds.
Au-delà de ces quatre instruments, plusieurs autres étaient préenregistrés, rejoignant, sur la quasi-totalité des morceaux du groupe, l’instrumentation initiale. D’un piano à des rythmiques programmées, d’un vibraphone à un célesta, les adjonctions étaient diverses, atténuant alors un peu le manque de renouvellement global. Dans la même optique, une jeune femme vint se poster au micro sur This Place (sur le dernier album du groupe, c’est Caroline, cette jeune Japonaise signée sur Temporary Residence et dont nous avions évoqué les sorties en 2005-2006, qui est à l’œuvre). Légèrement masquée par les chœurs de vocalises diffusées par ailleurs, cette voix féminine remplit néanmoins son office, avant de laisser ses quatre compères terminer en beauté par le bien nommé Goodnight, So Long.
le 13/01/2010