(Monotype Records / Metamkine)
01/07/2009
Electronique

Anla Courtis / Electroacoustique / Günter Müller / Improvisation / Live / Monotype Records
Après l’album de Bertrand Gauguet, Franz Hautzinger et Thomas Lehn dont nous parlions il y a quelques jours, revenons sur le label polonais Monotype Records avec cette fois un enregistrement de Günter Müller, monsieur For 4 Ears. Buenos Aires Tapes est, comme son nom le suggère, un album live composé de deux CDs. C’est à la Fundación Cultural Surdespierto de Buenos Aires que le Suisse se produisait les 9 et 10 février 2006 avec à chaque fois deux autres artistes argentins.
Commençons par le début avec le premier CD composé d’une seule et unique pièce de près de 50 minutes interprétée avec Alan Courtis (guitare sans cordes et bandes) et Pablo Reche (sampleur, minidisc, électronique). Günter Müller est quant à lui dans sa configuration habituelle avec iPod et électronique. On va essayer de ne pas s’étendre sur les détails, ce long développement étant composé d’une somme de sonorités abstraites, typiques des improvisations électroniques. Ronronnements, souffles hantés, drone flottant, respiration de machines, frétillements d’insectes, rugissement de textures saturées, grognements et vrombissements, avec tantôt une impression de flottement, tantôt le sentiment que quelque chose se construit devant nous. Si cela fonctionne, c’est que petit à petit, et ce sur les trois ou quatre mouvements qui composent ce live, les trois artistes parviennent à se retrouver sur la même longueur d’ondes et à faire naitre quelque chose de touchant, violent ou apaisant.
Le deuxième CD est divisé en trois pistes distinctes de 25, 12 et 10 minutes. Cette fois Günter Müller est accompagné de Sergio Merce (4 pistes sans bandes, WX7 - flûte MIDI) et Gabriel Paiuk (piano et bandes) ce qui confère à cette deuxième partie une toute autre tonalité. Si les machines continuent à ronronner comme des chats, si les souffles sont maintenant acoustiques via la flûte de Merce, le piano apporte une teinte tour à tour classique contemporaine (jeu contrasté alternant longs silences et fracas abstrait, cordes pincées) et free jazz à la fin du premier morceau. Par la suite le piano se fait plus discret, laissant Günter Müller faire rugir ses machines sur une deuxième piste, tandis que le trio semblera être à l’unisson sur un magnifique dernier morceau où se croisent drones et sifflements granuleux dans des moments de tension, tout juste allégés par une voix, un chant venu du passé.
Le but n’est pas de départager les deux CDs, mais on aura une petite préférence pour la richesse du deuxième volet. Les amateurs de musiques improvisées et fans de Günter Müller devraient quant à eux y trouver leur compte.
le 31/01/2010