01/02/2009
Suite,
Paris
Anla Courtis / Dragibus / Èlg / Kliton / L’Autopsie a révélé que la mort était due à l’autopsie / Le Non_Jazz / Suite / Sun Plexus / TG / US Girls
Dragibus
Sun Plexus
Anla Courtis
TG
Kliton
Le Non_Jazz
Suite
US Girls
L’Autopsie a révélé que la mort était due à l’autopsie
Rien de tel qu’un petit concert pour débuter la semaine, et pour s’en mettre plein les oreilles ce sont les structures Kliton et Le Non Jazz qui investissent La Suite, un chouette squat du 13eme arrondissement. On découvrait le lieu pour l’occasion, n’ayant pu faire le déplacement une semaine plus tôt alors que FabriqueDeCouleurs y jouait.
Étrangement, ce sont les artistes dont on avait le plus entendu parler jusque là qui ouvraient la soirée, et en particulier L’Autopsie a révélé que la mort était due à l’autopsie qui doit être l’un des plus fabuleux nom de groupe qui puisse exister. Le projet tourne autour de quatre artistes extrêmement actifs par ailleurs, multipliant les projets et collaborations. On va essayer de se concentrer sur l’essentiel, avec de gauche à droite dans notre de champ de vision, l’argentin Anla Courtis dont on a parlé à plusieurs reprises sur ces pages, Nicolas Marmin (plus connu en tant que aka_Bondage), Franck De Quengo (moitié des Dragibus), et Sébastien Borgo (membre de Sun Plexus dont on devrait reparler prochainement puisqu’il vient de sortir un album solo en tant que Ogrob chez Ronda). Le groupe est installé autour d’une table recouverte de machines, et dans ce magma sonore on aura un peu de mal à décelé qui était responsable de quoi. Le set prend la forme classique d’une lente montée, avec une intro faite de petits glissements électro-ludiques, souffles, field recordings, manipulations sonores, ronronnements menaçants et couinements plaintifs, soit une première partie dominée par les machines pour une ambiance post-industrielle. Et puis assez rapidement c’est Anla Courtis qui fait un peu son show puisqu’il est le seul à ne pas être rivé sur ses machines. Il manipule d’étranges instruments que l’on pensera construit par lui-même créant des sonorités plus agressives, grinçantes, et il finira en donnant de grand coup sur un panneau de signalisation affublé de capteurs sonores terminant le concert dans un joyeux fracas métallique. On aura au final eu plutôt plaisir à découvrir cette formation en live, mais on regrettera la disparité des artistes en présence ou plus exactement la rareté d’un réel équilibre dans le jeu du combo.
Changement complet de registre ensuite puisque l’on passe au Belge TG que l’on peut également retrouver sur scène au sein de Lubriphikatttor. Projet solo ici, claviers et autres machines alignées sur une table, et un son digne d’une free party. Ca tape fort, le son est là et ça fonctionne à merveille avec des séquences rythmiques entrecoupées de textures bruitistes, TG se mettant une sorte de micro dans la bouche. Pendant un temps le Belge aligne les références diront les uns, les clichés diront les autres, balayant toutes les variations rythmiques et cassures susceptibles de renouveler et relancer ses pièces. Malheureusement une fois ce premier temps passé, les structures reviennent de manière un peu trop systématique, on a compris la "formule" et on se lasse. Histoire d’aggraver un peu la situation, le volume général devra être légèrement revu à la baisse, la musique du Belge perdant alors une partie de son intérêt. Au final beaucoup de plaisir, mais un set qui gagnerait fortement à être un peu écourté pour gagner en efficacité.
Opéra Mort prendra ensuite la relève, duo parisien au sein duquel on reconnaitra él-g. Il s’agit ici d’une configuration voix et machines à laquelle on adhère tout de suite, peut-être grâce au chant si particulier, déclamé, d’une voix chevrotante, partant dans des glissandos quasi mystiques. Ce chant apporte une structure à une musique par ailleurs plutôt abstraite. Si des boites à rythmes martèlent un tempo régulier, le reste du spectre sonore est envahi de textures saturés, crissements, ronronnements, espèces de harsh drones parsemés de tonalités glissantes et ludiques. Le set d’une durée de 20-25mn nous apparaitra parfaitement dosé avec à mi-chemin la disparition de la voix pour se concentrer sur les expérimentations sonores avant d’opérer à un retour en force du chant. Petit à petit le duo s’oriente vers une épure sonore pour finir par un gros son bien synthétique. Notre coup de cœur de la soirée.
La tête d’affiche, c’était U.S. GIRLS, le projet de l’américaine Megan Remy, seule sur scène avec ses vieilles bandes magnétiques, quelques effets et un micro. Elle se produisait lors d’un set particulièrement condensé, dont on ratait le début, ne nous laissant qu’une dizaine de minutes, grosso modo trois titres pour se faire une idée. Son saturé, limite agressif en lorgnant sur les aigus, voix complètement brouillée, noyée dans la masse et rythmiques martelées, le tout témoignant d’une démarche résolument punk. On ne sera pas convaincu par la musique, quant à la prestation scénique, on en vit pour ainsi dire rien.
le 06/02/2010