du 22/01/2010 au 31/01/2010
Forum des Images,
Paris
Comme l’an passé, un seul long-métrage est au programme de cette reprise du palmarès des Premiers Plans, six courts-métrages étant par ailleurs présentés à un public majoritairement composé de jeunes femmes affriolantes à la charmante raie sur le côté et mèche dans les yeux et jeunes hommes à barbe de trois jours, la chemise ouverte et le cheveu savamment décoiffé. Et, comme l’an passé, on fut frappé par le peu d’inventivité, tant formelle que narrative, de la majeure partie des films courts : énième film d’animation nordique en simili-pâte à modeler (Benigni des Finlandaises Elli Vuorinen, Pinja Partanen et Jasmiini Ottelin), éternelle chronique du triangle fille-mère-amant de la mère avec cris, caméra tremblante et conflits (Blifj Bij me, weg de la Néerlandaise Paloma Aguilera Valdebenito), film d’animation dans lequel des fourmis construisent un palais de sucre (Red-end and the seemingly symbiotic society des Néerlandais Robin Noorda et Bethany de Forest) et courts-métrages anglais attachés à une forte réalité sociale (Kid de Tom Green sur les rapports père-fils sur fond de traite des clandestins) ou à des adolescents (Whore de Fyzal Boulifa, entre petit caïd, jalouseries des camarades de classe et sextape échangée par MMS).
Bref, rien de très convaincant et on se rabattit plutôt sur 8 et des poussières de Laurent Teyssier. Avec un titre faisant référence au SMIC horaire, le Français suit la trajectoire parallèle de deux hommes établis à Cavaillon : l’un d’une vingtaine d’années, l’autre d’une cinquantaine. Travail intérimaire, deal de shit et aspiration à s’installer (trouver un job, emménager avec sa copine) rythment des quotidiens qui se croisent irrémédiablement.
Grand Prix ex-aequo du jury long-métrage, Eastern Plays était déjà arrivé à Angers avec une solide réputation, glanée notamment à la Quinzaine des Réalisateurs où il avait été sélectionné l’an passé. La critique avait salué la naissance d’un réalisateur avec ce premier film du Bulgare Kamen Kalev centré sur deux frères ayant perdu le contact. Tandis que le cadet, resté chez ses parents dans une cité-dortoir de Sofia, se fait enrôler par des nazillons, l’aîné tente de se sortir de l’héroïne. Inévitablement, leurs itinéraires se rencontreront à nouveau, mais le cinéaste quitte bien vite cette facilité de récit pour dire des choses intéressantes sur les liens entre politiciens d’extrême-droite et groupes fascisants ou sur la difficulté à s’extraire d’une relation dépendante (qu’elle soit amoureuse ou stupéfiante). Malgré quelques dégagements résolutoires un peu fleur-bleue (les jeunes femmes comme voies vers le salut), le film donne effectivement envie de suivre son auteur.
Date de sortie :
– Eastern Plays : 10 mars 2010
le 11/02/2010