(Da ! Heard It Records / Internet)
00/09/2009
Electronique

8-bit / Da ! Heard It Records / Les Robots Musique / Pop / Puyo Puyo
Da ! Heard It Records est un netlabel français qui propose ses productions en téléchargement gratuit, mais également au format CD-R pour quelques euros. Une petite visite du site web permet de se rendre rapidement compte de l’esprit qui y règne, coloré, vidéo-ludique tendance rétro et pixellisé. Une identité visuelle tout à fait en accord avec la musique proposée, une electro 8-bit menée par des artistes tels que Computer Truck, Goto80, Vicnet ou encore Xerac. On aura tendance à rapprocher cette structure du label Ego Twister avec qui ils se partagent quelques artistes comme [Guÿôm] ou Puyo Puyo de manière indirecte. En effet, Pascal Lebrain qui mène ce projet depuis 2002 est aussi la moitié de Les Robots Musique que l’on croisait sur la compilation Party Ruiners vol.1.
Si la musique est effectivement très marquée par des sonorités électroniques franches, entre jeu vidéo et claviers rétros, Puyo Puyo se démarque avec un chant omniprésent d’une part, et dans un style assez inhabituel pour ce type de musique d’autre part, conférant à sa musique une forte couleur pop avec des chansons de 2-3mn qui vont droit au but. Initials PP ouvre la voie avec énergie, sonorités nasillardes, saturées, et un chant énervé, semblant sorti d’un tube rock 70s avec des textes de haute volées : "’P’ is for Puyo and ’P’ is for Puyo too !" chantés avec un magnifique accent français. Cet esprit do it yourself et finalement très punk tend à donner une impression de musique faite par dessus la jambe, pour déconner. La démarche est certes tout à fait assumée (cf le nonchalant Lazy) et fait preuve d’un humour rafraichissant, mais on pourra regretter par moments ce parti pris qui nous fait décrocher de certains titres (I Fall).
D’un point de vue purement instrumental, on se rend compte que Puyo Puyo maîtrise son propos, flirtant avec les clichés techno-dance-club sur Eddie The Head ou Grave Groove, élaborant des mélodies parfaites pour le tubesque Amour. Par ailleurs l’album est particulièrement sautillant, limite épileptique sur la longueur, allant jusqu’aux lourds martèlements de Six Kings, Six Pigs. On remarquera enfin les influences de Kraftwerk sur Mechanical Man, tant au niveau de la thématique que du phrasé adopté.
L’album est dense (13 titres pour 33mn), excité, sautillant et à prendre au moins au second degré sous peine de faire un rejet complet. A réserver aux auditeurs qui ont de l’humour !
le 21/02/2010