Mark Bradley

Absolution

(Basses Frequences)

 date de sortie

00/09/2009

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone

 appréciation

 écouter

Harmonium (MP3 complet)

 tags

Ambient / Basses Frequences / Drone / Mark Bradley

 liens

Basses Frequences
Mark Bradley

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On ne sait pas grand chose de Mark Bradley, apparemment très mystérieux, peu bavard mais hyper productif avec près de 20 sorties en deux ans, sur des structures plus obscures les unes que les autres, principalement au format CD-R voire cassette, l’artiste envoyant parfois quelques titres à des blogs ciblés, éparpillant ses productions sur le net. C’est donc via cette sortie sur le label français Basses Fréquences que l’on s’intéresse au travail de l’Américain (apparemment...) dont le silence excite notre curiosité.

Afin d’avoir quelques repères et points de comparaison, on récupèrera Solace, sorti en 2008 et disponible en libre téléchargement via le label Okkulth, conçue pour être enregistré sur une cassette (durée ad hoc, jaquette formatée). On découvre alors une superbe musique ambient, riche, ondulante, soyeuse, du plus bel effet.
Avec Absolution, Mark Bradley propose un travail nettement plus radical et risqué, optant d’une part pour des drones ultra minimalistes, et d’autre part pour des sonorités purement électroniques, naturellement moins riches en harmoniques. L’artiste aborde deux approches différentes sur cet album avec dans un premier temps deux titres de 5-6 minutes, puis deux autres de 14 et 18 minutes. La tonalité est étonnamment très lumineuse sur Evolving qui ouvre l’album, alors que les drones sont généralement générés à base de sonorités graves et ronronnantes (en anglais to drone signifie ronronner). Ici la musique semble tenir autant du verre que du métal, à la fois dense et résonante. Harmonium sonne un peu plus classique avec cette fois plusieurs strates distinctes, entrelacs de drones et nappes, plutôt réussi. Si Mark Bradley produit une musique très linéaire, pure ambient, il surprend avec des petites cassures, comme des relances qui peuvent nuire à l’harmonie générale, ou avec des pièces qui se terminent de manière abrupte, nous sortant brutalement de l’univers cotonneux qu’il s’applique à produire.
Avec Unison et Absolute le propos tend à se diluer sur la longueur. Si des variations sont bien présentes tout au long de Unison, elles restent subtiles et de faible amplitude. L’artiste joue avec notre perception : le son s’éclaircit petit à petit, se fait un peu plus perçant, mais avec une telle lenteur que l’auditeur ne percevra pas forcément cette variation. On lui préférera Absolute au son toujours très grave, mais parsemé de micros variations qui lui confèrent une certaine fragilité, un côté surprenant aussi, qui tend à tenir l’auditeur à l’affut d’une évolution à venir, excitant l’oreille en somme.

Absolution reste un album assez extrême en terme de travail sur les drones, que l’on aura tendance à réserver aux amateurs du genre ou aux fans des premiers travaux de Klaus Schulze. On conseillera à ceux qui préfèrent une ambient un peu plus classique de se tourner vers d’autres travaux de Mark Bradley, un artiste tout à fait recommandable.

Fabrice ALLARD
le 21/02/2010

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