(Nonine Recordings / Internet)
30/09/2009
Electronique

Acoustique / Ambient / Greg Haines / Me Raabenstein / Néo-Classique / Nonine Recordings / Slowcream
Il y a un mois on vous parlait de l’album de Me Raabenstein, Raabenstein_esk, sorti sous son propre nom. Comme on le disait, cet artiste basé à Berlin travaille sous différent pseudos, collabore avec divers artistes. On le retrouve ici avec son troisième album en tant que Slowcream, un autre projet personnel, un univers complètement différent et nettement plus ambitieux.
And s’inscrit dans un contexte un peu particulier puisqu’il s’agissait initialement d’une commande pour un spectacle de danse contemporaine. Le registre musical ici abordé parait franchement surprenant quand on connait la musique que produit Me Raabenstein par ailleurs. L’album est découpé en cinq pièces de 7-9 minutes, une uniformité sur la forme et le fond avec de bout en bout une musique orchestrale et cinématographique. La maîtrise du genre est assez étonnante, dès l’ouverture que constitue Pressure avec sa rapide montée de cordes piaillantes et ronronnements de cuivre, une ambiance digne d’un film à suspense, angoissant. Glissements de cuivres, coups réguliers sur les cordes d’un violoncelle, le temps semble parfois s’arrêter et reprendre son cours au ralenti, progressant avec retenue dans un univers incertain qu’une petite mélodie de glockenspiel ne parvient même pas à rassurer.
Afin de gagner encore en profondeur, Me Raabenstein invite Greg Haines à trois reprises, à la fois au violoncelle et à l’orgue. Le résultat est tour à tour plus fin, plus précis dans les arrangements de cordes de Vibration et plus expérimental sur Temperature. La musique de Slowcream s’apparente toujours à une musique de film, mais si l’on pouvait penser à Alfred Hitchcock sur le premier morceau, on est ici plus proche d’un Tim Burton avec de nombreuses abstractions tandis que les cordes se font plus lointaines et que quelques tintements réguliers apportent une petite dose de folie à l’ensemble. Les éléments électroniques sont présents avec parcimonie, joliment répétitifs et minimalistes sur Moisture, avec une régularité qui contraste au regard des rapides coups d’archets qui courent sur les cordes ou des percussions orchestrales de Texture.
Avec cet album, notre regard sur Me Raabenstein change assez radicalement, passant d’un artiste un peu resté bloqué sur le trip-hop à un artiste au champ d’expérimentations particulièrement large. Ce projet Slowcream est très certainement la facette la plus intéressante de l’Allemand.
le 06/03/2010