Sturtevant : The Razzle Dazzle Of Thinking

 date

du 05/02/2010 au 25/04/2010

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
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Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris / Sturtevant

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Depuis les années 1960, Sturtevant a imposé ses reprises d’œuvres d’autres artistes comme un véritable style, jusqu’à faire office de précurseur pour le mouvement appropriationniste des années 1980. Entre rétrospective, réactivation d’installations déjà présentées et présentation de nouveaux travaux, la monographie que lui consacre le Musée d’art moderne de la ville de Paris permet de faire le point sur une plasticienne qui habite justement la capitale depuis quelque temps.

Séparée en deux parties, l’exposition regroupe d’un côté une dizaine d’œuvres et s’ouvre par le magnifique Gonzalez-Torres Untitled (America) qui part des rideaux d’ampoules et guirlandes de l’États-unien pour proposer des séries d’ampoules tombant du plafond et formant des petits agglomérats au sol. Plus loin, c’est Joseph Beuys et Frank Stella qui serviront de fondement à la 3 Beuys Fatchairs (chaise et prisme de graisse) et au Stella Union Pacific (tableau présentant des lignes minimales). Mais, à tout seigneur, tout honneur, c’est Marcel Duchamp qui fait l’objet de la plus grande attention pour Elaine Sturtevant. Duchamp Nu descendant un escalier mixe ainsi le Duchamp Ciné (projection murale d’une spirale tourbillonnante) et une suite de readymades duchampiens visibles à travers un œilleton percé dans le mur tandis que la grande installation Duchamp 1200 Coal Bags est composée de onze readymades du Français (évidemment la Fontaine, la Roue de Bicyclette et tous leurs congénères).

Haring Untitled
(courtesy Galerie Air de Paris)

Ce qui frappe en parcourant l’exposition, c’est que Sturtevant sait se faire révérante à l’égard des artistes qu’elle reprend (Beuys, Gonzalez-Torres, Duchamp) mais aussi s’en détacher avec une forme d’ironie distante. La peinture Haring Untitled reprend par exemple les bonshommes de Keith Haring mais avec un trait simplifié qui les rapproche encore plus du street art, voire du dessin grossier d’enfant. Dérision aussi avec la présence de The House of Horrors, mini-train fantôme installé à l’intérieur même du musée et qui nous permet de retrouver des figures du genre (Frankenstein, squelette, chauves-souris). Le principe même de cette attraction peut alors rejaillir sur l’autre aile de l’exposition : ne s’agirait-il pas d’un grand LunaPark avec des œuvres majeures du XXe siècle alignées comme à la foire ? Plus généralement, Sturtevant nous conduit à nous demander si tous les musées n’auraient pas tendance à verser dans la monstration « Reader’s Digest » et allégée, voire divertissante.

François Bousquet
le 08/03/2010

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