(Hidden Shoal Recordings / Import)
29/09/2009
Electronique

Initialement saxophoniste dans des formations jazz, Elisabetta Luciani s’est peu à peu ouverte à la musique électronique et, après un EP sorti sur un netlabel anglais, voit son premier album publié par Hidden Shoal Recordings, label australien très souvent inspiré. Eu égard au parcours de l’Italienne, on ne sait pas tellement à quoi s’attendre avec ce disque, ce qui n’est pas forcément désagréable au demeurant.
Pour ne rien aider, Elisa Luu n’hésite pas à passer d’un morceau aux confins de l’ambient (le morceau-titre, qui ouvre les débats, avec ses nappes superposées) à des rivages plus post-rock avec présence intermittente de batterie et guitare électrique détachée (Pixie Space Rock) ou d’une rythmique programmée (Slowbeat). Mais, en réalité, c’est aux points de rencontre entre ces deux styles que la Romaine intervient le plus régulièrement, et le plus souvent avec réussite. Les textures qu’elle peut mettre en place n’ont pas nécessairement la densité suffisante par rapport à ce qu’on connaît des spécialistes du genre, mais comme elle les agrémente de notes de guitare, de flute ou d’un autre instrument, cette critique ne tient pas véritablement. De même, le post-rock électronisé qu’elle peut développer ne se limite pas à numériser une batterie, mais c’est l’intégralité des éléments qui fait l’objet d’un traitement spécifique, si bien qu’on ne sait plus s’il s’agit d’une electronica tendant vers le post-rock ou l’inverse (The Garden).
Il ressort en vérité de ces difficultés à situer Elisa Luu un ensemble finalement très cohérent, qui parvient à définir une personnalité qu’on a envie de suivre et à qui on pourrait même faire le reproche de se freiner un peu, en ne faisant pas durer certains morceaux par exemple (R3Son8 s’arrête ainsi au bout de trois minutes trente alors que la guitare venait à peine de prendre son essor). Un peu de frustration chez l’auditeur, une sincérité mélancolique touchante et une impression largement positive : on tient là une belle découverte.
le 10/03/2010