(Autoproduit)
00/12/2009
Rock

Ambient / Autoproduit / Kwoon / Pop / Post-Rock
Cela fait près de 4 ans que l’on parlait de Kwoon, à l’occasion de la sortie de leur premier album autoproduit. Le groupe parisien travaille toujours en toute indépendance, une situation certainement due en partie à l’état du marché du disque, mais fait son petit bonhomme de chemin avec notamment une date au Café de la Danse à l’automne dernier, à guichet fermé !
Kwoon est un groupe un peu facilement classé au rayon post-rock, une étiquette certainement due à une voix que l’on comparait déjà à Sigur Ros sur le premier album, et un classique jeu de montées de guitare façon post-rock épique à la Godspeed You ! Black Emperor. À vrai dire, on n’est pas vraiment surpris à l’écoute de Overture avec ses envolées de guitares et grands coups de percussions, grandiose mais aussi un peu cliché. On retrouve très vite la finesse du groupe avec Great Escape, histoire de nous rappeler que Kwoon a su garder une dimension pop avec un chant doux, feutré, intimiste, une voix montant parfois dans les aigus, joliment enrobée d’un violoncelle. Si le groupe semble parfois vouloir éviter la formule, intégrant un passage ambient un peu plus expérimental sur Frozen Bird, usant de chouettes changements de tempo sur Schizophrenic, il reste assez difficile d’échapper à une certaine tension et autres montées de cordes.
Le titre est trompeur : When The Flowers Were Singing évoque une certaine légèreté effectivement illustrée par le morceau titre, mais la musique du combo parisien est plus souvent empreinte d’une certaine mélancolie, tristesse même sur Memories of a Commander, subtilement ponctué de petits sons électroniques, ou Labyrinth Of Wrinch qui reste très calme, dominé par les cordes et une voix féminine qui n’est pas sans nous rappeler Elizabeth Fraser des Cocteau Twins.
Sur cette deuxième moitié d’album, le groupe expérimente et se détache de la formule. Back From The Deep lorgne vers un post-rock ambient, aux guitares lumineuses et posées. Ayron Norya va encore plus loin, s’étalant sur plus de 10mn avec de longues plages répétitives, un murmure, subtiles effets électroniques, passages résolument ambient avant un dernier envol, parfaitement amené. La plus grosse surprise, c’est le dernier morceau, sans titre, caché même puisqu’absent du tracklisting, pure ambient polaire, angoissante, basée sur des field recordings de vent, respiration, pas dans la neige et légers effets électroniques, de toute beauté.
Quatre ans donc pour revenir, mais c’est un plaisir de retrouver le groupe, fidèle à eux-même, mais cherchant toujours à se renouveler. Du joli travail !
le 14/03/2010