24/03/2010
Société de Curiosités,
Paris
Après Signe Lidén il y a tout juste un mois, et suite à annulation il y a deux semaine du concert de Andreas Meland, c’était ce soir le second rendez-vous norvégien autour de la structure PNEK (Production Network for Electronic Art). L’occasion de découvrir Rockettothesky, le projet solo de Jenny Hval qui jouait ce soir accompagnée de deux artistes issus de la scène improvisée norvégienne, Håvard Volden and Kyrre Laastad.
C’est vers 21h que le trio prend place, les deux hommes entourant la blonde et frêle norvégienne. Kyrre Laastad aux percussions, Håvard Volden à la guitare, tous deux procédant à une pratique relativement classique en improvisation, détournant plus ou moins les instruments de leur fonction première, principalement via l’utilisation d’objets divers et variés. Jenny Hval était quant à elle à la guitare acoustique et au chant, s’aidant parfois d’un sampleur pour une approche plus électronique.
Le trio débutera timidement : notes de guitare éparses, légers coups métalliques, une relative abstraction qui semble servir de ponctuation au spoken word de la Norvégienne qui se repproche assez rapidement du chant avec une voix bien particulière, haut perchée, parfois proche du miaulement et capable de rapides changements de ton, à la fois fragile et parfaitement maîtrisée, assurée. Le guitariste promène une petite tige métallique sur son instrument sous de forme de petits frottements grinçants, tandis que le percussionniste marque le tempo et ajoute une profondeur fort bien sentie. Après deux titres, Jenny Hval abandonne sa guitare et passe à une électronique discrète, se concentrant alors sur le chant.
À mi-parcours, reprise de la guitare et on aura droit à Grizzly Man, le tube de toute beauté, plus éthéré grâce à l’activation de la reverb. Extrême finesse des mélodies de guitare, tintements métalliques lumineux et cymbale menaçante, un morceau tout en contraste tout simplement magique. On le retrouve sur Medea, le deuxième album de Rockettothesky, tout somme le minimaliste et bleep-esque Oh, Anna.
Tous ces éléments se combinent ensuite, avec guitare jouée à l’archet, frottements et froissements d’objets sur la caisse claire protégée d’un tissus, coups donnés sur les bords de celle-ci, et parfois une approche plus classique pop-rock avec de denses accords de guitare.
Un concert d’un peu plus de 50mn, dont on sortait véritablement conquis puisque l’on repartait avec les deux albums de la jeune femme afin de poursuivre le voyage.
A découvrir avec ici le clip de Grizzly Man...
le 26/03/2010