Air d’Islande : Hildur Guðnadóttir / Valgeir Sigurðsson / Ólöf Arnalds

 date du concert

28/03/2010

 salle

Flèche d’Or,
Paris

 tags

Flèche d’Or / Hildur Guðnadóttir / Valgeir Sigurðsson

 liens

Flèche d’Or
Hildur Guðnadóttir
Valgeir Sigurðsson

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En ce dimanche de clôture du festival Présences Électronique, le choix était difficile avec d’un côté Stephan Mathieu et Akira Rabelais, et de l’autre Hildur Guðnadóttir dont nous avions adoré l’album paru chez Touch et que nous n’avions jamais vu en concert en solo. Par ailleurs ce concert se déroulait dans le cadre d’un festival dédié à la culture islandaise mêlant cinéma, arts plastiques et musique avec cette soirée en guise de clôture et donc l’occasion de découvrir d’autres artistes locaux.

Étonnamment c’est Hildur Guðnadóttir qui ouvrait la soirée, selon nous la plus connue des artistes présents ce soir, mais peut-être aussi la plus "expérimentale". 19h30, Hildur arrive sur scène et surprend par sa grande taille et une petite voix, toute timide. Elle se produit donc au violoncelle, un laptop à ses côtés étant là pour ajouter quelques traitements et boucles.
Pour qui connaissait l’album Without Sinking, il n’y avait ce soir guère de surprises. Juste le plaisir de voir l’album joué en live, le violoncelle prenant une importance nouvelle, parfois épuré et brut tandis que l’album nous apparaissait plus lisse, plus fin dans ses atours ambient. Tout y passe, que ce soit les morceaux aux mélodies plus accrocheuses tels que Opaque et les élans et glissements du magnifique et dense Erupting Light, ou des pièces autrement plus expérimentales, plus posées aussi, frôlant l’abstraction comme Unveiled. Un concert assez court (environ 35mn) avec un dernier titre que l’on prendra pour un inédit, avec un jeu très dense, répétitif et mélodique à la manière d’un post-rock épique, concluant ce concert en apothéose.

Valgeir Sigurðsson

On ne connaissait pas Valgeir Sigurðsson qui enchainait ensuite, mais il faut dire qu’il est souvent dans l’ombre, responsable de l’enregistrement, du mixage, de la programmation des machines, il a déjà travaillé avec/pour múm, Slowblow (la BO de Nói Albinói), Ben Frost, et même Bjork à plusieurs reprises, tandis qu’il invitait Warren Ellis et Will Oldham au chant sur son premier album, Ekvílíbrium, paru en 2007.
En fait ça ne commencera pas très bien, le premier titre est un peu long à se mettre en place et se révèle être d’une electronica fort classique. Ça pourrait être assez vite ennuyeux mais l’Islandais vient nous dire deux mots entre chaque morceau, essayant de faire participer le public, donnant quelques éléments quant à la "guest" annoncée sur l’affiche, puis il nous surprendra avec une pièce plus ambient, histoire de ne pas se faire étiqueter trop rapidement. Première surprise ensuite, Hildur Guðnadóttir revient sur scène, au chant, afin d’interpréter Winter Sleep, une chanson extraite du premier album de Valgeir Sigurðsson, initialement chantée par Dawn McCarthy des Faun Fables. Cela restera notre moment préféré du concert puisque l’on retrouvait ensuite son electronica tantôt mélodique et nonchalante, tantôt concassée.

Ólöf Arnalds

Ce fut donc au tour de l’invitée surprise d’apparaître sur scène, un petit bout de femme répondant au nom d’Ólöf Arnalds (à ne pas confrondre avec Ólafur Arnalds), ayant déjà travaillé avec Valgeir Sigurðsson qui en tant qu’ingé-son semblait être le fil rouge de la soirée. La jeune femme semble être très bavarde contrairement aux précédents artistes, et fait preuve d’un certain amateurisme qui la rend tout de suite attachante. Elle fait sa balance juste avant de jouer, elle demandera au public si sa voix n’est pas trop en avant par rapport à la guitare, allant même jusqu’à s’arrêter au milieu d’un morceau pour prévenir "ce passage est hyper difficile !". Guitare/voix donc pour une musique pop-folk toute en douceur et un premier titre uniquement fredonné. Une musique pas des plus originales, mais généralement touchante, ponctuée de petites blagues ou maladresses, quelques reprises en alternant entre guitares et charango (une guitare bolivienne), mais un set qui s’essouffle un peu sur la longueur.

Fabrice ALLARD
le 05/04/2010

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