du 19/03/2010 au 28/03/2010
Nouveau Latina,
Paris
Sans vouloir prôner à tout prix le cantonnement de chacun dans son genre, on est toujours un peu sceptique lorsque des films de fiction se piquent d’un aspect documentaire. Plus encore, quand, au sein d’un festival qui compte une section documentaire, la compétition fait la part belle à ces longs-métrages hybrides qui finissent par ne maîtriser aucun des deux genres. Deux exemples typiques nous étaient donnés à voir en cette soirée de reprise du palmarès des Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse.
Grand Prix Coup de Cœur, Viajo Porque Preciso, Volto Porque Te Amo s’attache à un géologue trentenaire qui explore une région désertique du Brésil afin d’effectuer des repérages préalables à la construction d’un canal. L’option retenue par Karim Aïnouz et Marcelo Gomes d’une caméra Super-8 subjective et de longs plans plonge immédiatement le spectateur devant un objet entre le road-movie et le documentaire, sans que ce dispositif immuable ne soit modifié, devenant par conséquent vite ronronnant. Gorgé de termes géologiques (noms de roches, d’appareils scientifiques) et botaniques (la compagne du géologue, restée à la maison, est en effet botaniste), le film évolue vers le souvenir d’un amour passé lorsqu’on comprend que la jeune femme a quitté le héros. Malheureusement, on bascule alors dans de longues lamentations limite complaisantes tandis qu’un parallèle un peu lourd est tracé entre le canal à construire et l’amour détruit.
Peut-être plus fictionnel dans son aspect, La Barra (El Vuelco del Cangrejo) est centré sur un citadin arrivant dans un petit village de la côte pacifique de Colombie. À la recherche d’un bateau pour quitter le pays, il va alors entrer en contact avec la population afro-colombienne, partagée entre sentiment d’abandon et volonté de s’en sortir, traditions ancestrales et contemporanéité, défense de leurs terres contre les promoteurs immobiliers et attente du retour des pêcheurs. Oscar Ruíz Navia, pour son premier long-métrage et par le biais de larges plans quasi-oniriques, a donc souhaité mettre en lumière ces peuplades peu souvent évoquées lorsqu’il s’agit de la Colombie. Mais là encore, le caractère méditatif et illustratif prend trop souvent le pas sur une réflexion plus politique que peut tout aussi bien porter la fiction.
Date de sortie :
– La Barra : 19 janvier 2011
le 19/04/2010