Laub - Rechenzentrum

 date du concert

13/12/2002

 salle

Recyclart,
Bruxelles

 tags

Laub / Rechenzentrum / Recyclart

 liens

Laub
Rechenzentrum
Recyclart

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Affiche alléchante que nous n’aurions pas manquée pour un empire. Après un set dansant mais peu recherché, Antye Greie-Fuchs et son complice Jotka prennent place sur scène. Le duo séduit immédiatement par la qualité des textures sonores et le timbre chaleureux, mi-rauque mi-enfantin, de la voix de Antye. On naviguera entre des ambiances calmes et épurées et, plus fréquemment, des accélérations sombres et intriguantes. Le chant en allemand, souvent un peu rebutant, trouve ici sa pleine mesure et installe des climats introspectifs de toute beauté.
Plusieurs morceaux sortent du lot, notamment Morgen ou Mofa, écrit en collaboration avec Matthias Schaffhäuser. Il ne m’a pas été donné d’écouter le dernier album Filesharing, sorti chez Kitty-Yo cette année, mais je vais tâcher de ne pas tarder à combler cette lacune car ce concert a confirmé tout le bien que l’on peut penser de ce duo atypique.

Après un intermède assuré par deux DJettes sans le moindre intérêt, on passe à Rechenzentrum. J’avais été plutôt séduit par leur prestation au Batofar en novembre 2001, chroniquée ailleurs dans ces pages, et me réjouissait donc de les revoir, leurs efforts discographiques étant minces et pas assez convaincants à mon goût. L’entrée en matière est surprenante : un long passage bruitiste, industriel, qui lorgne vers Einstürzende Neubauten (Lillevaen, l’un des deux membres du duo, a d’ailleurs travaillé dans le passé avec Blixa Bargeld). De quoi faire fuir un public non averti, mais il n’en a rien été, bien que l’on ait senti un net relâchement dans l’attention, ce qui a eu un effet assez perturbateur.
Les choses se pacifient ensuite, mais l’ensemble reste déconcertant et on peine à discerner une ligne directrice dans leurs morceaux. Les rythmes et les sons sont perpétuellement hachés, croisés, cassés, sans que rien ne s’installe vraiment. Et pourtant les bonnes idées sont bien présentes, tant au niveau des textures (qui dominent, et qui sans être agressives ne placent jamais l’auditeur dans une situation très confortable) que des mélodies fugaces qui les parsèment. Cela s’améliorera sur la fin, avec un passage plus dense, plus construit, où les sons tendent vers une sorte de dub électronique sombre, évoquant un peu Pole ou certains Vladislav Delay.
Au final, une impression mitigée : les idées ne sont pas suffisamment exploitées et les constructions laissent à désirer, mais cela ne doit pas diminuer l’intérêt que l’on peut porter à ce duo.

Gilles Genicot
le 17/12/2002

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