du 08/04/2010 au 12/05/2010
Fondation d’entreprise Ricard,
Paris
Vidéaste (notamment primée au festival du documentaire de Marseille pour l’un de ses longs-métrages), Ariane Michel se montre très présente en ce printemps 2010. En effet, outre cette monographie à la Fondation Ricard, l’Espace Croisé, centre d’art contemporain de Roubaix, l’a accueillie jusqu’au 17 avril et sa galerie, Jousse Entreprise, l’expose depuis le 29 de ce même mois. À la Fondation d’entreprise Ricard, on assiste à une courte présentation de travaux, mus par une volonté de détourner le regard, afin que le spectateur ne soit pas juste celui qui regarde, mais aussi celui qui est acteur de l’œuvre, voire regardé par le sujet de celle—ci.
Cette idée de renversement de la perspective est plutôt séduisante de prime abord, conduisant la Parisienne à travailler sur le positionnement de ses sujets d’étude comme dans la photographie 72° 26’ 37" N / 107° 15’ 54" E, avec cette vue d’hublot amenant à se demander qui regarde qui. Cependant, on demeurera majoritairement très extérieur à la production d’Ariane Michel, trop éloigné d’un sujet montré en majesté (les quatre grands écrans de La Ligne du Dessus formant un quadriptyque vidéo filmant des chevaux mongols au milieu d’immenses steppes) ou trop mis en condition par un dispositif scénographique (La Cage Jarkov, caisse de stockage en pin à l’intérieur duquel est projeté un film attaché au travail d’un paléontologue décongelant un mammouth au sèche-cheveux).
En revanche, quand elle nous présente un aquarium avec des pierres issues du bassin parisien et des escargots aquatiques (probablement de la même provenance), on perçoit quelque chose de plus familier. Même sentiment plus loin, à la vue de la série Les Ancêtres, portraits d’ossements préhistoriques aux formes anthropomorphiques et singulières qui parviennent à casser cette trop grande distanciation que l’on peut regretter par ailleurs.
le 01/05/2010