24/04/2010
Comète 347,
Paris
Comète 347 / Hervé Boghossian / Matthieu Saladin / Plateformes / Stéphane Rives
Il est toujours réconfortant de se dire qu’après une bonne douzaine d’années à fréquenter les salles de concert parisiennes, on peut encore découvrir de nouveaux lieux alternatifs. Nouvel exemple ce soir avec Comète 347, ancien atelier de fabrication de petites cuillers, transformé en espace pouvant accueillir aussi bien du spectacle vivant que des concerts. Au fond d’une cour, à quelques hectomètres de la place de la république, entre vieilles étagères et résidus du passé industriel du lieu, on prend place sur des gradins de fortune avec la scène en contrebas.
Mais, pour commencer, on dut se retourner car Dante Feijoo officia derrière lesdits gradins, au centre de l’atelier. Assis, le saxophoniste opéra par souffles et bruits de bouche tels que flatulences et gargouillis. Tapotant ses touches afin de moduler légèrement ce souffle, le faisant émaner de l’anche ou en expirant directement dans le pavillon, Dante Feijoo rejetait toute approche mélodique pour un travail détimbré et expérimental.
Après une courte pause, le trio Plateformes investit la véritable scène. Tandis que Stéphane Rives et Matthieu Saladin étaient assis face au public, Hervé Boghossian se tenait debout dos à celui-ci, de manière à pouvoir être face à son ampli de guitare. À même de jouer alors sur le feedback entre son instrument et cet appareil, le guitariste livra un drone extrêmement puissant, parsemé de quelques petits larsens et oscillations (lorsqu’il inclinait sa six-cordes ou jouait sur la distance entre sa caisse de guitare et son ampli). Au diapason, Matthieu Saladin fit émaner de son laptop une nappe tout aussi dense alors que Stéphane Rives, assis entre ses deux compères, intervenait plus épisodiquement, un peu noyé sous les textures des deux autres. Emplissant sans peine le grand espace du lieu, le trio fit cependant très peu évoluer cette configuration pendant toute l’heure que dura son set, réduisant néanmoins parfois le volume afin de permettre aux notes de l’instrument de Rives d’affleurer la surface sonore.
le 25/04/2010