21/04/2010
Java,
Paris
8bit Project / hamaYôko / Java
Rendez-vous était pris ce soir pour une soirée pas ordinaire à La Java, co-organisée par le label Sonore et l’agence artistique Jaapan. Au programme, un atelier de dessin éphémère du Dr. Sketchy mis en musique par DJ Satok que nous avions ratée quelques semaines plus tôt aux Instants Chavirés, puis les concerts de hamaYôko et 8bit Project en remplacement de Kokusyoku Sumire, bloquées au Japon pour cause de nuage de cendres volcaniques.
La soirée débutait à 20h avec l’atelier de dessin, mais l’ouverture était annoncée à 21h pour ceux qui ne s’étaient pas inscrits à l’atelier. Arrivé sur place, nous voici débarqué dans ce qui semble être un cours de dessin : quelques lolitas prennent la pose, entourées d’une cinquantaine de personnes assises en cercle autour d’elles, carnets griffonnés et crayons affutés. L’ambiance nous apparaît un peu étrange pour nous qui débarquions là par hasard, un peu guindée, rétro-chic, beaucoup de photographes, et au final le sentiment de ne pas être à notre place.
On sera du coup un peu distrait alors que DJ Satok (Satoko de Prele Records) passe des disques issus de la collection de son grand-père originaire de la province d’Aomori, au nord du Japon. Une musique bien loin des clichés que nous pouvons avoir en tête lorsque l’on parle de musique traditionnelle japonaise puisqu’il s’agissait ici d’une musique plus populaire, folklorique, de fêtes de villages (Matsuri), qui nous apparaitra par moment particulièrement moderne.
C’est un peu après 22h que l’atelier de dessin prend fin et que l’on enchaîne avec hamaYôko. Une femme seule apparaît sur scène, répondant au nom de Yôko Higashi, chapeau de cowboy sur la tête, veste tigrée et bague en fourrure... il y a quelque chose d’animal chez cette artiste. L’ayant ratée en février dernier alors qu’elle passait à La Suite dans le cadre d’une soirée du Non Jazz, on découvrait ce soir sa musique à la fois pop et expérimentale, faite de bruitages électroniques bruts, entre vrombissements et explosions, de samples de chansons de variétés qu’elle reprend façon karaoke théâtral. Si la musique reste globalement très abstraite d’un point de vue composition (improvisation ?), elle est très concrète électronique d’un point de vue sonore. Du coup c’est la voix qui apporte une structure quasiment pop à ses chansons, que ce soit via un spoken word sombre, voire monstrueux, ou un chant d’une étonnante et incroyable douceur, à la fois haut perché et empreint d’une certaine gravité. Des contrastes énormes, et au final une véritable poésie, une magie qui s’installe et subjugue. Un set d’une quarantaine de minutes, parfait de bout en bout, du très grand art !
Le temps de réorganiser la scène, et nous voici avec le dernier concert assuré par le 8bit Project. Un homme apparaît d’abord et prend possession des machines, un cube sur la tête reprenant le graphisme d’une manette de console de jeu vidéo, et t-shirt Atari. L’intro est énorme puisqu’il reprend la musique de 2001 L’Odyssée de l’Espace en version 8bit. Décalage énorme, mais superbe introduction au concert.
_ Ce sont ensuite deux jeunes femmes qui débarquent, elles aussi avec un énorme cube sur la tête et un t-shirt "I Love Video Games". Elles occupent le devant de la scène en venant tour à tour se trémousser ou imiter quelques chorégraphies célèbres. Le groupe ne fait que reprendre des méga-tubes en version 8bit, à commencer par le Bad de Michael Jackson, puis enchainera avec la BO de Pulp Fiction, le Bad Romance de Lady Gaga, lançant quelques remerciements vocoderisés entre deux miorceaux. Et on repart de plus belle avec plusieurs extraits de La Guerre des Etoiles, les demoiselles simulant un combat de sabre laser, le Thriller de Michael Jackson, ou encore Around the World de Daft Punk.
Le tout est enchaîné à toute berzingue, il leur aura fallu à peine 10mn pour mettre le feu dans la salle, et 18mn montre en main pour boucler leur concert. Légèreté, efficacité, humour, c’était à peu près parfait pour conclure cette soirée !
le 27/04/2010