(Ahornfelder / Import)
15/11/2009
Electronique

Ahornfelder / Electronica / Expérimental / Pop / Semuin / Taunus
C’est près de 5 ans après l’album Province paru chez Audio Dregs que l’on retrouve l’Allemand Jochen Briesen, cette fois chez Ahornfelder. Comme nous allons le voir, on retrouve son electronica poppy lorgnant vers un style faussement enfantin, mais avec cette fois une instrumentation plus electronique.
La tonalité de la musique de Semuin a des chances de surprendre, c’est déjà un bon point. Après chacun verra s’il trouve la surprise bonne ou mauvaise. On se trouve ici dans un entre deux provoqué par le choix des sonorités et le style de composition. Tintements électroniques, cuivres nonchalants, chœurs synthétiques (Elefanz), quelques claps (+ -), imitation de kalimba (Stem (I)), sont des dominantes qui font pencher la musique de Semuin vers un univers enfantin, une joliesse voire une naïveté qui se révèlent parfois ennuyeuses. Comme sur son précédent album, l’artiste semble être conscient du fait et alors que l’on commence à se lasser de Neve, termine avec un drone électronique brut et quelques field recordings (piaillements d’oiseaux, enfants dans un parc).
Si la musique de Semuin est très mélodique, elle est aussi très abstraite. Parfois une vieille boite à rythme tente d’apporter une certaine structure, mais l’univers de l’Allemand reste très free, flottant, ses mélodies donnant généralement l’impression d’être le fruit du hasard, faisant penser à un jazz improvisé et nonchalant quand l’acoustique prend le dessus avec les guitares et cuivres de Zombie. Et puis parfois l’artiste surprend en adoptant un style complètement différent, que ce soit avec les laptops vrillés en introduction de Circles, seul titre chanté avec une douce voix très en retrait, une mélodie asiatique cachée derrière les abstractions électroniques de Circles (Weiter), et surtout une longue séquence d’électronique bruitiste qui occupe la moitié du caudal Stem (II), avant de clôturer l’album sous la douceur d’une guitare acoustique et d’enregistrements ambiants.
Circles and Elephants, sous ses atours doux et seyants, n’est pas le genre d’album qui caresse dans le sens du poil. Toujours dans un équilibre instable, entre l’intéressant et le gnangnan, la musique de Semuin ne vous laissera pas indifférent et demandera peut-être un peu de temps avant de se laisser approprier par l’auditeur.
le 02/05/2010