21/05/2010
Whitney Museum,
New-York
Il se trouve que nous étions à New-York pendant la Whitney Biennial. On ne profitera pas vraiment de l’événement, mais dans ce cadre avait été programmé une performance de So Percussion, quatuor basé à Brooklyn que l’on devrait voir prochainement sur Paris aux côtés de Matmos. Hasard de calendrier qui fait que l’on se déplacera au Whitney Museum afin de profiter de ce concert interactif.
Effectivement le musée ne communiquait pas sur un concert, mais une performance. Nuance finalement subtile à la vue de cet événement qui se déroulait dans le hall d’entrée du musée, où était exposée 5 Songs, une sculpture de Martin Kersels servant également de scène pour des performances. La sculpture se présentait sous forme de plateformes modulaires composées d’objets trouvés, sur lesquelles les artistes peuvent s’installer. Dans le cadre de la biennale, une petite dizaine de concerts étaient programmés sous le nom de Live on 5 Songs.
A l’entrée du hall, on nous distribuait un petit papier sur lequel étaient inscrites quelques instructions concernant le déroulement de la performance, invitant notamment le public à fredonner, lire un texte, ou aller jouer avec les artistes... Le "concert" débute en douceur avec nappes fragiles de mélodica, tintement de glockenspiel, et spoken word, parfois retraités et doublé par un vocoder. Douceur et poésie donc avant d’opter pour un tempo un peu plus affirmé avec une réelle batterie et cascade de xylophone. N’ayant jamais écouté la musique de So Percussion avant ce jour, on s’attendait à voir ici un projet extrêmement rythmique et on fut surpris par l’importance d’éléments purement mélodiques (voix, variante d’harmonium, claviers) rendant la musique du quatuor immédiatement accessible. On appréciera tout particulièrement une pièce composée de simples mots qui semblaient tombés là par hasard et qui petit à petit s’organisaient, formant des phrases dont chaque membre du groupe disaient un mot à tour de rôle. Un style haché, mécanique, donnant l’impression de sortir d’un sampler, et certainement très influencé par le travail de Steve Reich. Une pièce qui concluait la première partie du concert et qui leur valut les premiers applaudissements.
Le groupe débutera la deuxième partie de la performance de façon très musicale, des passages en apparence un peu abstrait, peut-être un peu improvisés, agréables mais qui ne nous marqueront pas plus que ça. On préfèrera une fois encore le travail sur la voix, avec cette fois l’ensemble du public qui lisait un texte, une réflexion sur une vie de poisson, bloqué dans un aquarium et cherchant à vivre hors de ce cadre, un peu comme l’homme cherche à vivre dans l’espace. Le public lisait donc avec le groupe qui une fois encore utilisait quelques traitements et modulations synthétiques, nous faisant cette fois penser aux travaux de Laurie Anderson.
Le concert se terminera avec une troisième partie lors de laquelle le groupe venait proposer au public de prendre leur place sur la sculpture de Kersels. Bien sûr les artistes donnaient quelques indications pour un résultat tout de même très répétitif mais qui fonctionnait à merveille. Finalement c’est l’ensemble du public qui frappait des mains pour marquer un peu plus le tempo de cette dernière pièce nettement plus enlevée que ne l’était l’ensemble du set.
Un concert d’une petite heure, très plaisant, reste à voir ce que cela peut donner lors d’un live commun avec Matmos.
le 29/05/2010