Mark Geffriaud : Et Mason

 date

du 15/04/2010 au 05/06/2010

 salle

Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers

 appréciation
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Galerie Édouard-Manet / Mark Geffriaud

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Dispositif de plus en plus prisé, la double exposition sert souvent, au-delà du coup de projecteur qu’elle met sur l’artiste, à souligner le propos du créateur : travail en miroir dans l’un et l’autre des espaces, jeu sur les concordances et complémentarités, etc… Pour Mark Geffriaud, il s’agit d’intituler chaque exposition (l’une à la Zoo Galerie de Nantes, l’autre à Gennevilliers, donc) du nom des deux savants (Mason et Dixon) ayant tracé, au XVIIIe siècle, la frontière entre nord abolitionniste et sud esclavagiste aux États-Unis. En écho à ce travail en commun, le Français réalise chacune des œuvres présentées dans les deux espaces en collaboration avec un autre artiste, un commissaire d’exposition, un graphiste ou un écrivain.

Anti-Dumpty
(courtesy des artistes)

Globalement probante, cette démarche laisse quand même prépondérantes les thématiques chères à Geffriaud et dont on avait déjà pu apercevoir les contours : attachement à la matière et travail sur l’écrit et le document. La Lance en époxy qu’il a confectionnée avec Alex Cecchetti et la surface de bois réalisée avec Géraldine Longueville traduisent son goût pour la matière et la manière dont elle peut être agencée ou transformée. Ainsi, la lance fabriquée en pâte donne l’impression d’être taillée en bois et prête à être maniée par des chasseurs préhistoriques, tandis qu’Anti-Dumpty démontre que des copeaux de bois, a priori destinés à être inutilisés, peuvent constituer une aire plane entre radeau de fortune et découpe soignée.

Dans la lignée de ce qu’il avait pu montrer lors de l’édition 2009 du Prix Ricard, Geffriaud joue à nouveau sur la reproduction de textes et documents. Mais au lieu de les projeter par diapositives, il a fait imprimer sur vinyle, avec le concours d’Aurélien Mole, les éléments tapissant le mur de son atelier (travaux préparatoires, affiches…). Faux-semblant également avec Syzygy, alphabet apparemment imprimé, avec Charles Mazé et Coline Sunier, sur une grande feuille blanche mais dont on remarque, en s’approchant, qu’elle est en fait découpée au cutter. Les échancrures ainsi créées donnent sur une pièce sombre et c’est ce noir qui génère les lettres. Même jeu sur le noir et blanc enfin avec la présence de panneaux rainurés sur lesquels sont inscrits des titres d’autres œuvres, rejoignant alors l’idée de concordance évoquée initialement.

François Bousquet
le 01/06/2010

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