(Quiet Design / Import)
00/11/2009
Electronique

Ambient / Cory Allen / Expérimental / Minimal / Quiet Design
Il y a deux ans on vous parlait de The Fourth Way, un album d’une ambient crépitante, fruit du travail de Cory Allen. Il nous revenait fin 2009 avec ce nouvel album, plutôt surprenant dans la mesure où le registre sonore est bien différent de ce que l’on connaissait de l’américain.
Cory Allen qui co-dirige le label Quiet Design est un expérimentateur. Il se consacre ici entièrement à un sujet qu’il explore au fil de 5 pièces de 8 à 10mn, toutes basées sur le même type de sonorité et de composition. Le son en lui-même est ici accessoire, mais l’Américain a choisi de travailler avec une sonorité douce et plutôt chaleureuse, quelque part entre un tintement et une nappe d’orgue. Un son plutôt agréable qui tend à orienter son album vers un style ambient qu’il affectionne.
C’est bien au niveau de la composition que ce situe le véritable sujet de cet album dont le titre donne un petit indice. Le fait que l’on retienne une mélodie, que l’on reconnaisse un morceau de musique, est lié à la structure de celui-ci, à son enchainement de notes, son tempo. Aussi Cory Allen travaille ici sur des constructions que l’auditeur aura du mal à cerner. L’album est dépourvu de rythmiques, mais certaines notes semblent trainer en longueur tandis que d’autres s’enchainent rapidement, créant un ensemble lancinant. La musique n’est pas répétitive, mais l’utilisation d’un nombre limité de notes donne plus ou moins une impression de répétition, de revenir à quelque chose de connu. Il résulte de tout cela un sentiment assez étrange, mystérieux, lié au fait que cette musique soit à la fois abstraites et joliment mélodique.
Bien sûr, le fait que ce soit le même son qui soit utilisé sur les cinq pistes, et que celle-ci s’étalent dans le temps, augmente encore le trouble et donne au final l’impression que ces cinq pistes n’en forment qu’une seule. Il nous sera en effet impossible lors d’un blind test de faire la différence entre deux morceaux de cet album.
Au delà du concept, Hearing is Forgetting the Name of the Things One Hears est un véritable album d’ambient minimale, jolie, soyeuse, que l’on trouvera peut-être un peu trop lisse d’ailleurs, mais c’est là une question de goût.
le 06/06/2010