du 05/03/2010 au 26/06/2010
FRAC Picardie,
Amiens
FRAC Picardie / Gabriel Orozco / Giuseppe Penone / Jean-Michel Alberola / Jean-Michel Basquiat / Pierre Buraglio
Depuis quelques années, le dessin contemporain connaît un regain d’intérêt : le salon qui lui est dédié a de plus en plus de presse, les galeries s’attachent à cette technique et les musées l’exposent. Dans ce contexte, le FRAC Picardie, qui développe depuis sa création un travail de recherche sur le dessin, consacre sa seconde exposition de saison aux Lignes et contours. Au reste, le titre, assez explicite, indique qu’il sera aussi bien question du trait autonome que de celui qui permet de délimiter une forme.
Un peu comme nous nous y attendions, la première veine (« fluide et instable » comme décrite par le dépliant) nous semble en réalité manquer de corps (les quatre dessins de Gabriel Orozco), se faire purement descriptivo-illustrative (les herbiers de Giuseppe Penone) ou trop vite répétitive (les vingt-trois réalisations alignées de Camilla Tucholski ou les quinze dessins de Luis Claramunt). Du coup, même le Sans Titre de Jean-Michel Basquiat paraît, par capillarité, désincarné. En revanche, quand il s’agit de tracer un véritable contour, une profondeur naît, qu’elle surgisse du néon Une Famille de Jean-Michel Alberola ou des trois silhouettes peintes à la gouache colorée par Didier Mencoboni (À Trois Pourquoi pas ?).
Même réussite lorsque, dans une salle en fin d’exposition dédiée aux copistes, une distance est prise par les artistes, qu’ils interviennent « à la manière de » (Dessin d’après... Seurat, Le bec du Hoc de Pierre Buraglio entre autres exercices de style) ou optent pour la peinture-vidéo comme Angel Vergara qui tient un stylet et fait mine de peindre une Belle femme au miroir bien réelle en vérité. Plus encore, on sera enthousiasmé par la série de Télécrans de Stéphane Lallemand dans laquelle le Français a recréé des tableaux des siècles derniers (Fragonard, Goya, Renoir, Wesselmann) sur ces jouets d’enfants. Critique des produits dérivés qui envahissent les musées, prise de position sur le « un enfant de quatre ans pourrait en faire autant » régulièrement entendu à propos de l’art contemporain et décalage facétieux : Lallemand vise assurément juste.
le 14/06/2010