(Type / Import)
09/04/2010
Classique

Régulièrement évoqué pour ses prestations scéniques (encore tout récemment au Brussels Electronic Music Festival), Jóhann Jóhannsson n’avait pas connu à ce jour de chroniques de disques sur ces pages. À l’occasion de la parution sur Type de son nouvel album, il s’agit donc de réparer cet impair et de se pencher sur ces treize morceaux, initialement pensés pour servir de bande-son à Varmints, court-métrage d’animation.
On a déjà pu à plusieurs reprises souligner les limites de ce genre : thème répétitif récurrent, brièveté des morceaux, impression que les compositions ont principalement une vocation illustrative ou volonté ostensible de chercher l’émotion. Cependant, on peut aussi remarquer d’entrée que l’approche néo-classique de l’Islandais, avec ce mélange de cordes et de nappes plus opaques semble particulièrement vouée à une telle destination. Et, de fait, on ne peut que constater que sa musique se prête très bien au jeu et même qu’elle parvient à exister en dehors de toute référence à l’écran, notamment en raison de son dénuement général.
Ainsi, le piano détaché de The Flat émeut par sa capacité à ne pas trop en faire, tout en sachant se laisser accompagner par l’orchestre. On sera en revanche plus sceptique sur la participation de la soprano Michaela Srumova qui, précisément, tire les titres sur lesquels elle intervient vers un sentimentalisme trop appuyé (City Building, Rainwater avec des cordes tire-larmes en sus, voire Dying City). Mais c’est en beauté que se conclut And In The Endless Pause There Came The Sound Of Bees, avec End (Snowing) et ses six minutes trente de dialogue piano-cordes.
le 08/07/2010