Miroir, Miroir

 chorégraphe

Mélissa Von Vépy

 date

17/07/2010

 salle

Jardin Pierre de Montreuil,
Saint-Denis

 appréciation
 tags

Jardin Pierre de Montreuil / Mélissa Von Vépy

 liens

Mélissa Von Vépy

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Le souvenir encore vivace d’I Look Up, I Look Down, exercice entre danse, voltige et cascade vu il y a trois ans à la Cité Internationale, nous accompagnait au moment d’aller voir Miroir, Miroir. Montée l’an passé, cette nouvelle création de Mélissa Von Vépy la voit intervenir sans Chloé Moglia cette fois-ci, mais avec Stéphan Oliva au piano. Pour autant, c’est toujours à mi-chemin de la prouesse circassienne et de la chorégraphie que l’on retrouve la jeune femme.

Après un début assez enfantin (minauderies assise sur un tabouret, mâchouillage d’un collier de bonbons, passages apeurés devant un miroir lui renvoyant son propre reflet), le propos se durcit quand la danseuse s’agrippe au vaste miroir et qu’elle arrache son collier. Composé de douze carreaux, la surface réfléchissante est en effet suspendue en l’air par deux filins reliés à une large armature métallique. Une fois évidé en son centre, le miroir peut alors être traversé par Mélissa Von Vépy, dans un geste évidemment alicien. Le piano n’est alors plus joué délicatement comme au début mais frappé de grosses mailloches agissant directement sur les cordes, tandis qu’un gong est également percuté par le musicien.

Évidemment, tandis que la jeune femme passe et repasse par le trou central, on est stupéfait par le contraste entre, d’une part, la légèreté de l’ensemble et la grâce de ses mouvements et, d’autre part, le tranchant du miroir et la présence au sol d’éclats. Avec son pied ensanglanté, on ne put s’empêcher, alors que le spectacle avait lieu juste devant la basilique de Saint-Denis, d’imaginer la chorégraphe comme en train d’accomplir un parcours christique. Stigmate de ce combat contre l’élément minéral, mais aussi contre ses propres limites, cette blessure la rapprochait en même temps de nous autres. Bien incapables de faire preuve de telles maîtrise et capacité musculaire, nous étions quand même incorporés aussi au spectacle par ce biais ou via le reflet du miroir.

Autres dates :
 20 juillet 2010 : Tours Aillaud - Nanterre
 21 juillet 2010 : Dynamo - Pantin
 4 août 2010 : Arènes de Lutèce - Paris
 5 août 2010 : Mairie du IVe - Paris
 du 24 au 28 septembre 2010 : Bateau Feu - Dunkerque
 12 et 13 novembre 2010 : Passerelle – Gap

François Bousquet
le 18/07/2010

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