Perrine Valli
25/09/2010
Mains d’Oeuvres,
Saint-Ouen
Au sortir de quatre années de résidence à Mains d’Œuvres, c’est dans le cadre d’une soirée curatée par la revue Mouvement que l’on retrouve Perrine Valli pour la présentation de Série. Solo monté il y a plusieurs années, cette création a de surcroît bénéficié du travail musical de Colleen qui a même, par le passé, accompagné en direct la Franco-Suisse. Cette fois-ci, c’est enregistrée que nous parvient la musique tandis que débute une chorégraphie dans laquelle on retrouve les éléments habituels de la jeune femme : tenue sobre et sombre (pantalon et t-shirt noirs, sage queue de cheval), bandes blanches retenues au sol par du chatterton noir et mouvements plutôt lents.
Alors que les longs déliés de violoncelle se font entendre, le corps de Perrine Valli s’étire et se déploie au sein d’un carré délimité par les bandes de papier. La répétition d’une même séquence de gestes renvoie ensuite aux boucles musicales qu’affectionne Colleen et cet enchaînement se voit de plus en plus accéléré à mesure qu’interviennent d’autres éléments instrumentaux (guitare acoustique, nappes). Au bout d’une dizaine de minutes, place à un second tableau (Série est en fait constitué de six tableaux parmi lesquels la chorégraphe en sélectionne un certain nombre pour chaque représentation) pour lequel le carré blanc est remplacé par trois lignes parallèles aux rangs des spectateurs.
Évoluant alors entre ces formes de frontières, Perrine Valli va reprendre quelques mouvements de la première partie ou en incorporer d’autres, pendant que la partition musicale est davantage centrée sur la guitare. Si, dans l’ensemble, on pourra regretter une absence de propos politique ou sociétal, contrairement à ce qu’on avait pu apprécier dans Je pense comme une fille enlève sa robe, on considérera plutôt Série, première création de la jeune femme, chronologiquement parlant, comme un germe de ses futurs travaux que comme un spectacle à part entière.
le 28/09/2010