L’Exposition Lunatique

 date

du 02/10/2010 au 14/11/2010

 salle

Kadist Art Foundation,
Paris

 appréciation
 tags

Anthony McCall / Francis Alÿs / Hans-Peter Feldmann / Jason Dodge / Kadist Art Foundation / Pratchaya Phinthong

 liens

Kadist Art Foundation

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L’an passé, la Fondation Kadist avait entamé une série de « Points de vue » sur sa collection : soit la possibilité donnée à un commissaire de sélectionner quelques œuvres dans la réserve de la Fondation et de les présenter dans le cadre d’une exposition collective et thématisée. Pour l’automne 2010, c’est Rozenn Prat qui met en scène L’Exposition Lunatique, volet regroupant une dizaine d’artistes et dont le titre se veut invitation au voyage comme à l’étrangeté.

Jason Dodge - Above the Weather
(courtesy Kadist Art Foundation)

De fait, plusieurs œuvres se font fort de matérialiser la distance séparant deux endroits ou bien la relation entre deux espaces. Ainsi, Anthony McCall, dans sa vidéo Landscape for Fire, fait créer une sorte de signal lumineux propre à servir de balise aux avions souhaitant atterrir, en demandant à ce que des barils d’essence soient enflammés suivant une disposition en triangle. Above the Weather de Jason Dodge ne semble être qu’un pan de tissu plié, mais il a, en réalité, été réalisé à l’aide d’une pelote de la longueur séparant la troposphère de la terre alors que Francis Alÿs dessine des personnes en train de se rendre d’un point à un autre.

Pratchaya Phinthong - If I dig a very deep hole
(courtesy Kadist Art Foundation)

Ce désir de voyage peut aussi se faire largement imaginaire lorsque Julius Koller photographie des OVNI dans des lieux fictionnels ou quand Christoph Keller fabrique un télescope chargé de nous répercuter, par un jeu de triple miroir, des images censément venues d’autres univers. Plus poétique encore, Pratchaya Phinthong expose deux négatifs de photos de pleine lune, la première prise à Paris et la seconde en Nouvelle-Zélande, exact opposé de la capitale française si on traçait une ligne droite à travers le globe terrestre. Proche aussi du merveilleux, Hans-Peter Feldmann réalise des collages et associations d’objets du quotidien, en jouant sur des combinaisons inattendues (Shoes with Eggs) ou des ombres déformées (Teapot and Shadow).

Enfin, Roman Ondák opère lui aussi par dessin sauf qu’il ne s’agit pas de ses propres réalisations mais de celles d’amis qui l’ont représenté après que celui-ci leur avait raconté l’un de ses périples. Matérialisation d’une description orale, lien avec la thématique voyageuse, libre place laissée à la fiction : ce travail sonne comme un résumé de l’exposition au titre pas si oxymorique que cela.

François Bousquet
le 12/10/2010

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