du 23/09/2010 au 06/11/2010
Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers
Habituées du Point Éphémère (ce qui ne sera pas surprenant au vu de leurs travaux, tout à fait raccords avec l’esprit « friche industrielle » du lieu), les deux artistes réunies sous le nom Hippolyte Hentgen bénéficient du travail de la Galerie Édouard-Manet de Gennevilliers pour se faire connaître d’un plus large public.
Cachées derrière ce pseudonyme, Gaëlle Hippolyte et Lina Hentgen proposent des pièces témoignant d’un fort attachement à l’urbanité (utilisation de sable de chantier ou de gravillons dans leurs installations, travail proche du street art dans le choix des couleurs et formes, motifs proches du graph) et au résidus industriels (formes coniques des sculptures de Loin du centre semblables aux cheminées des centrales, utilisation d’aérographes pour peindre leurs créations). Dans le même temps, les jeunes femmes ne souhaitent pas s’ancrer dans une réalité trop marquée en proposant des œuvres aux frontières de la science-fiction. Des motifs type voie lactée ornent ainsi le paravent de La Nuit Tombée, le gros œil de Peeping Tom nous dévisage tandis que les personnages difformes de la série de Portraits et l’ambiance post-nucléaire de l’installation Le Rendez-Vous convoquent des thématiques anticipationnistes.
Fort de ces constats, on en vient à se demander s’il s’agit pour les Françaises de procéder à une critique de la modernité qui, à force de vouloir aller toujours plus vite et plus loin, a fini par rattraper la (science-)fiction. Ou bien si, à travers les Portraits notamment, il convient de se placer à la limite du kitsch décalé. En réalité, bien difficile de trancher au sortir de cette courte, mais intéressante, exposition.
le 20/10/2010