du 15/09/2010 au 12/12/2010
Maison des Arts,
Malakoff
Dans sa courte exposition présentée à la Maison des Arts de Malakoff, Renaud Auguste-Dormeuil s’attache à une problématique très fréquemment croisée dans l’art et la photographie contemporains : le statut de l’image. Dans cette perspective, le jeune Français part d’images existantes et opère par additions ou retranchements. Par additions lorsqu’il superpose, un peu en décalé, deux clichés pour, en jouant sur les couches bleue et rouge de la sortie en RVB, en créer un troisième (Fat Man et Best Wishes). Manifestation d’une forme d’effet psychotrope, cette technique, aussi répandue soit-elle, continue de faire ses preuves.
Moins courue, la soustraction peut être un autre moyen de créer une image. Ainsi, la série Les ambitieux part des portraits officiels de chefs d’État, morts ou vivants (Lincoln, Obama, Catro, Mitterrand), mais dont la partie centrale du visage a été ôtée. Ne demeurent plus alors qu’une paire d’oreilles et des indices visuels (décorations sur les épaules, drapeaux, mobilier), charge au spectateur de s’adonner au petit jeu des devinettes.
Même méthode de disparition avec Apoapside dans laquelle c’est encore au spectateur de faire le travail de restitution de ces deux images emprisonnées dans des flight cases puisqu’on nous indique que leur dévoilement entraînerait leur perte. Y a-t-il véritablement quelque chose dans ces valises noires ou est-ce un nouveau pied de nez de l’artiste ? On ne le saura probablement jamais, semble nous souffler le décidément malicieux Renaud Auguste-Dormeuil…
le 17/11/2010