du 08/10/2010 au 02/01/2011
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris
Sorti de l’espace sur-rempli (d’œuvres et de gens) de Larry Clark que nous évoquions il y a quelques jours, c’est dans une monographie plus épurée (jusqu’au matériel d’exposition : pas de livret à emporter, cartels quasi-inexistants) que nous pouvons entrer. Déjà croisé à plusieurs reprises, Didier Marcel nous a habitués à des sculptures retranscrivant l’environnement ou l’architecture qui l’entoure.
Preuve supplémentaire cette fois encore avec un attachement renouvelé à la terre et au paysage, avec notamment une volonté de recréer l’un ou l’autre. Labour est ainsi un moulage de terre rouge accroché façon tableau et accompagné d’une moquette à sillons de couleur, Péristyle présente quatre troncs d’arbres en résine et Torso joue sur l’aspect anthropomorphique d’une partie de tronc de platane. Plus encore, Travelling se compose de trois temps pour figurer les abords d’une ligne TGV : rangée de grillages peints au mur, alignement de bûchettes de bois de chauffage (façon métonymique de rappeler les forêts longeant les voies ferrées) et, au milieu de l’espace tout en longueur du Musée, de gros rochers en papier mâché, comme si les graviers du ballast avaient décuplé de volume pour empêcher le train d’avancer. Revanche de la nature ou re-confection par l’artiste d’une réalité qu’on voit passer trop vite lorsqu’on est confortablement installé dans son siège iDzen ?
Au bout de l’exposition (du voyage ?) et alors qu’on commençait à craindre une trop grande désincarnation dans le travail du Français, quelques cerfs minimalistes en béton soudé font leur apparition. Juste figurés par ces quelques barres de métal, les cervidés se font presque plus impressionnants par les ombres portées sur les murs de la salle ou bien l’effet masse que constitue la présence réunie de toutes ces structures dans un même espace.
le 12/12/2010