Harper Regan

 auteur

Simon Stephens

 metteur en scène

Lukas Hemleb

 date

du 19/01/2011 au 19/02/2011

 salle

Théâtre du Rond-Point,
Paris

 appréciation
 tags

Simon Stephens / Théâtre du Rond-Point

 liens

Théâtre du Rond-Point

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Quelques semaines après Pornographie, donné dans la petite salle de la Colline, c’est dans la grande salle du Théâtre du Rond-Point et avec une distribution plus identifiable (Marina Foïs, Gérard Desarthe, Louis-Do de Lencquesaing) qu’Harper Regan est montée. Écrite par Simon Stephens juste après Pornographie, cette pièce est centrée sur le rôle-titre, présente du début à la fin du spectacle, mère de famille de la banlieue londonienne qui souhaite se rendre à Manchester visiter son père malade.

Comme dans sa création précédente, ce qui intéresse ici l’auteur anglais sont principalement les ressorts intimes de ses personnages, leur part enfouie, les plis de leur mémoire et le poids de leur passé. Sous des atours de suite de vignettes d’une quadra de la classe moyenne, c’est en réalité une remise en question de l’apparent équilibre d’une vie qui se joue. Harper Regan va ainsi progressivement se détacher de son quotidien (discussions avec son supérieur hiérarchique, trajet bureau-domicile, échanges avec son mari) pour, au prétexte de ce voyage à Manchester, appréhender les choses sous un autre angle. Pour donner corps à cette héroïne, Lukas Hemleb a donc choisi Marina Foïs qui trouve ici le ton juste, dans un rôle peu éloigné de ce qu’elle avait déjà pu approcher dans quelques compositions au cinéma.

Afin de renforcer l’impact du texte, le décor de Csaba Antal mêle acier et verre, avec deux grandes traverses métalliques, un mur et des plaques verticales coulissantes en verre pour découper l’espace et former, tour à tour, un bureau, un intérieur, une chambre d’hôtel ou un pub. Glacé et rudesse renvoient évidemment à l’âpreté des relations entre les personnages, aspérité que le tranchant des dialogues vient conforter, notamment dans les scènes dans lesquelles Harper affronte sa mère ou sa fille. C’est dans ce ciselé et dans le naturalisme qu’il empoigne que l’on trouva Simon Stephens le plus pertinent, plus convaincant en toute hypothèse que dans l’entre-deux (fable ou témoignages ?) de Pornographie.

Autres dates :
 du 22 au 26 février 2011 : Théâtre des Treize Vents - Montpellier
 1er mars 2011 : Avant-Seine - Colombes
 8 et 9 mars 2011 : Comète - Châlons-en-Champagne
 14 et 15 mars 2011 : Maison de la culture de Bourges
 17 et 18 mars 2011 : Festin - Montluçon
 29 et 30 mars 2011 : Volcan - Le Havre

François Bousquet
le 12/02/2011

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