Vincent Dupont
du 03/02/2011 au 05/02/2011
Théâtre de la Cité Internationale,
Paris
Avec son titre en forme d’oxymore, Vincent Dupont annonce vouloir connecter deux concepts apparemment opposés. Sur le plateau, il s’agit de mêler son et mouvement par le biais de capteurs placés dans le sol et les murs d’une pièce d’appartement dans lequel le chorégraphe évolue. Le frottement provoqué par son passage ou par les meubles tirés et poussés crée une nappe qui n’est qu’un lointain souffle au début et monte peu à peu en puissance, à mesure que Dupont se déploie (à quatre pattes tout d’abord, puis bras et jambes tendus, debout enfin) et que la lumière s’intensifie.
Dans le même temps, plusieurs micros cravates sont accrochés sur lui afin de diffuser des sortes de râles chantés, allant là aussi crescendo. Malheureusement, une fois le schéma saisi, on ne sort guère de cette forme de pulsion animale ; et ce n’est pas sa dimension destructrice qui apparaît sur la fin du spectacle, quand le Français se saisit d’une scie ou d’une tronçonneuse pour découper chaises et buffet, qui vient y changer quelque chose. Les meubles sont donc tranchés et démolis jusqu’à rendre vide et blanche la pièce où il ne manque plus que les capitons pour se croire dans un hôpital psychiatrique. Après être allé très loin dans cette veine cathartique, Hauts Cris (Miniature) se clôt par un jeu percussif sur un tronc d’arbre couché sur lequel défile des vers en vieux français d’Agrippa d’Aubigné. À l’impression de décalage ainsi instituée succède celle d’avoir assisté à une performance un peu vaine plutôt qu’à une véritable chorégraphie.
Autres dates :
– 10 et 11 mars 2011 : Maison de la Musique - Nanterre
le 20/02/2011