du 09/12/2010 au 20/02/2011
Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris
Arnaud Maguet / Aurélien Froment / Bruno Serralongue / Émilie Pitoiset / Jason Dodge / Le Plateau / FRAC Île-de-France / Mario García Torres / Mark Geffriaud / Michel François / Renée Green / Ryan Gander
Afin de trouver une manière intéressante de présenter ses dernières acquisitions, le FRAC Île-de-France suggère l’idée d’une exposition abordant, en fait de « prospective », le thème de la mémoire. Ressort assez classique de la création contemporaine, prompte à l’auto-référencement, cette matière permet à Aurélien Froment d’évoquer des souvenirs d’enfance lorsqu’il propose sur une grande table des images retournées, invitant le public à s’adonner à des parties de Memory. Pourtant, le jeu sera biaisé car la table est en verre et permet, donc, de voir par en-dessous les images. Plus récents, les souvenirs de Renée Green prennent la forme d’une litanie de noms propres accolés en frise et ceux de Bruno Serralongue passent par des photographies extraites de ses passages à Calais et Sangatte, où il a effectué des « reportages » dont on a déjà pu souligner ici les limites.

La mémoire peut également constituer dans le rappel de ce qui reste une fois les objets extraits de leur environnement usuel, comme ces sources lumineuses (bougies, ampoules, allumettes, tubes néons) que Jason Dodge a rassemblé. Les artistes vont même jusqu’à évoquer la mémoire d’événements dont on ne saura pas s’ils ont véritablement existés : Émilie Pitoiset diffuse ainsi une partie de la bande-son de L’Année dernière à Marienbad (film précisément marqué par l’incertitude quant à la réalité de la romance reliant les deux personnages) tandis que Mario García Torres narre une expérience réalisée par des élèves d’école d’art, expérience dont personne ne sait rien sauf eux.
D’un énoncé sur la mémoire, on glisse alors progressivement vers un propos traitant de l’écho puis de la boucle et de la répétition. Dès l’entrée de l’exposition, Florence Paradeis part d’un tableau de Bill Owens pour en isoler un personnage et faire rejouer la scène qu’elle prend alors en photo. Même travail sur l’écho interne avec Michel François qui conçoit son installation en deux temps, avec deux salles identique au début et à la fin de l’espace, dans lesquelles des yeux dessinés sur des bouleaux nous regardent pendant qu’un tas de journaux est peu à peu maculé par un goutte-à-goutte d’encre noire.

Au premier degré, Laurent Montaron montre une chambre d’écho et Arnaud Maguet utilise une enceinte afin d’amplifier et répéter le bruit fait par un projecteur de diapositives lors du changement d’image. Pendant qu’on retrouve, sans grande surprise, les diapositives superposées de Mark Geffriaud, déjà mentionnées ici, Ryan Gander montre sur un cadre un fragment du mur de son atelier tout en évidant ledit cadre pour laisser voir le mur de l’espace d’exposition. Afin de doubler ce travail de résonance, le carré évidé est déposé au sol et se trouve correspondre parfaitement à la taille d’une pochette d’un disque apprécié par l’Anglais. Enfin, dans la même thématique musicale, Nate Harrison s’arrête sur la pratique du sampling en prenant l’exemple d’un break de batterie tiré d’un morceau de 1969 et maintes fois retrouvé dans des productions hip-hop et techno plus contemporaines.
le 18/02/2011