du 14/01/2011 au 27/03/2011
Crédac,
Ivry-sur-Seine
Avec ses toiles grands formats, l’épaisseur de sa peinture appliquée (après, pendant plusieurs années, avoir privilégié le spray), sa largeur de trait et son goût pour la couleur noire, on pourrait aisément penser que Renée Levi se situe dans une lignée bien balisée. Pour autant, la Stambouliote d’origine va au-delà de cet héritage puisqu’elle ne propose ni aplats, ni monochromie, utilisant par ailleurs le bleu et le vert. Plus encore, elle fait le choix d’opérer un véritable travail sur le geste et le support, permettant à présent au spectateur de faire le tour du châssis pour découvrir l’envers de la toile, alors qu’auparavant, elle s’adonnait à de la peinture murale.
Ce dialogue avec les spectateurs se trouve aussi instauré par la présentation de carnets de dessins prélevés dans des papeteries où ils ont servi d’épreuves pour futurs acheteurs de stylos. Magnification de l’instantané, de l’irréfléchi et du spontané, cette démarche peut néanmoins également incarner tout ce qui peut être détesté dans l’art contemporain : récupération artistique d’objets banals, absence de recherche stylistique, sentiment que n’importe qui pourrait en faire autant…
Évidemment, la présence en regard d’œuvres allant jusqu’à six mètres de large balaye ce genre de critiques, d’autant plus que Renée Levi ne se limite pas à des grands coups de rouleaux mais effectue un véritable travail géométrique sur la toile (Sans Titre (1) et son découpage façon fenêtres à peine perceptible). On retrouve alors son attachement au support qu’exploite enfin la photographie Paradiesrain dans laquelle on voit l’artiste se tenir devant une benne à ordures remplie de débris post-installation.
le 18/03/2011