du 18/03/2011 au 27/03/2011
Nouveau Latina,
Paris
Récompensé à trois reprises (Prix spécial du jury, Prix de la FIPRESCI et Prix de la critique française), Lucía ouvrait logiquement la traditionnelle soirée de reprise du palmarès des Rencontres cinémas d’Amérique Latine de Toulouse. Comme le titre l’annonçait, Niles Atallah s’attache ici à un portrait d’une femme simple d’une petite trentaine d’années, vivant avec son père dans une maison délabrée et travaillant dans une usine de confection. Afin de renouveler un peu ce thème classique, le réalisateur chilien privilégie une forme alternant passages filmés et montage animé, image par image. L’impression saccadée qui en résulte, façon animation à la Méliès, conjuguée à une photo aux couleurs saturées créent un climat onirique, un peu hors du temps. Cette technique rend alors le film difficile à saisir, d’autant plus que le contexte historique (l’histoire se déroule en décembre 2006, au moment des funérailles de Pinochet) n’est pas du tout utilisé. En définitive, l’absence de trame narrative rajoute à l’extériorité que l’on peut ressentir à l’égard d’un premier long-métrage, qui vaut donc surtout pour son aspect formel.
Après ce film de fiction, place au lauréat de la section documentaire, arrivé à Toulouse précédé d’une solide réputation, glanée dans d’autres festivals mais aussi au cours de son tournage (l’équipe ayant subi menaces et intimidations). En effet, Impunité (Impunity) se consacre à la Colombie des années récentes et au processus chargé de mettre fin aux agissements de l’AUC, pendant d’extrême-droite des FARC. Après une dizaine d’années de guérilla et près de 14 000 victimes civiles, ces paramilitaires ont accepté de déposer les armes à la suite de l’adoption d’une loi dite « Justice et Paix » en 2005. Celle-ci autorisait leur retour à la vie civile à condition qu’ils expient leurs crimes devant une commission judiciaire. Après un bref historique, le documentaire filme quelques-unes des dépositions des chefs paramilitaires tandis que, dans une pièce attenante, les proches des victimes les questionnent sur le devenir des disparus, dont les corps n’ont jamais été rendus aux familles. Dévoilant les relations entre hommes politiques, narcotrafiquants, multinationales et responsables de ces massacres, le long-métrage de Juan Jose Lozano et Hollman Morris permet la mise en lumière d’un conflit peu connu qui n’a jamais véritablement donné lieu à condamnation, les chefs paramilitaires ayant été majoritairement extradés aux Etats-Unis. Extrêmement accessible (voix off en français, séquençage efficace, chronologie précisément respectée, banc-titrage de chaque intervenant), Impunity constitue bien un film tout à fait méritoire.
Pour découvrir quelques images, le site d’Impunity
Date de sortie :
– Impunité : 25 avril 2012
le 07/04/2011