Le Chien, la Nuit et le Couteau

 auteur

Marius Von Mayenburg

 metteur en scène

Jacques Osinski

 date

du 28/04/2011 au 22/05/2011

 salle

Théâtre du Rond-Point,
Paris

 appréciation
 tags

Marius Von Mayenburg / Théâtre du Rond-Point

 liens

Théâtre du Rond-Point

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Devenu le dramaturge allemand favori des scènes françaises, Marius Von Mayenburg voit chacun de ses textes créé sur nos plateaux. Nouvel exemple avec Le Chien, la Nuit et le Couteau, pièce de 2006 montée par Jacques Osinski en parallèle avec Le Moche, dramaturgie plus récente de Von Mayenburg. Programmatique, le titre de la pièce nous annonce que l’action se déroule une nuit et qu’elle suit un homme égaré et faisant toutes sortes de rencontres, à commencer par un homme ayant perdu son chien et tenant un couteau à la main.

Sur ce canevas, le spectacle va osciller entre deux univers : l’anticipation à la Philip K. Dick et la divagation à la Samuel Beckett. Anticipation dans cette ville ensablée, dont les bâtiments sont décharnés dans une ambiance post-apocalyptique et dont les humains n’entretiennent plus que des rapports animaux. Divagation avec cette figure centrale de « clochard céleste », répétant tel un mantra justificatif « J’ai mangé des moules » et échouant dans divers lieux (appartement, hôpital, poste de police) sans que sa dérive ne présente un quelconque but. Malheureusement, la pièce de Von Mayenburg témoigne rapidement des mêmes limites que celles que l’on reproche à l’écriture de Beckett : dispositif n’évoluant plus une fois installé, remisage de toute psychologie des personnages au profit d’une succession de saynètes, logique de l’absurdité de l’enchaînement plutôt que logique de la finalité narrative, morale conclusive assez commune (« l’homme est un loup pour l’homme », c’est connu depuis Plaute).

Dans ce contexte, la mise en scène d’Osinski, et surtout la scénographie de Lionel Acat, font ce qu’elles peuvent, renforçant la dimension fantastique de l’ensemble, travaillant l’errance du personnage central tel un cauchemar éveillé, sans pour autant jouer démesurément avec la peur du spectateur. Dans ce rôle principal, en revanche, on déplorera une nouvelle fois que Denis Lavant nous serve son éternelle partition, quasi-pénible dans ses intonations et mimiques (jusqu’aux saluts), de pantin désarticulé et hébété. Bien qu’en adéquation avec le texte qu’il a à interpréter, ce jeu vint cependant renforcer notre scepticisme à l’égard de ce spectacle.

François Bousquet
le 16/05/2011

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