du 07/04/2011 au 04/06/2011
Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers
Bien qu’appréciant régulièrement ses œuvres en galerie et foire, nous n’avions jamais encore eu l’occasion de voir une exposition personnelle d’Anita Molinero dans un lieu non marchand. La Galerie Édouard Manet de Gennevilliers permet donc de combler ce manque avec une courte présentation du travail de la Française, au titre particulièrement explicite : L’irremplaçable expérience de l’explosion de Smoby. Avec un intitulé aussi programmatique, on imagine bien retrouver les habituelles formes plastiques calcinées et déformées qu’affectionne la créatrice et, de fait, on n’est nullement déçu sur ce point.
Nonobstant l’utilisation récurrente de rebuts (pots d’échappement usagés, ferrailles usées), les sept sculptures exposées, par la combinaison de ces éléments au plastique, font montre de quelque chose d’assez coloré et enfantin (rouge et vert vifs, présence de toboggans et maisonnettes échappés de squares de jeux). Cependant, cette technique associative peut également donner corps à une création plus chimérique, lorsque grillage en fer, noir et rose passé sont convoqués (Sans Titre). La volonté de Molinero de croiser ces deux sources renvoie alors à une atmosphère post-industrielle dans laquelle machines et objets se seraient hybridés pour donner naissance à une troisième espèce.
Dans le même ordre d’idées, le travail sur la calcination du plastique et sur sa déformation subséquente, proche de l’évolution moléculaire, confère une dimension organique aux pièces ainsi créées. Ultime Caillou, par exemple, avec ses éruptions luisantes en surface, semble ainsi animé d’une vie intérieure qu’on aurait a priori déniée aux matériaux qui ont servi à sa confection.
le 29/05/2011