(hibernate / Import)
11/04/2011
Rock

Inspiré par un voyage en voiture de Portland à San Francisco, The Driver, nouvel album de Félicia Atkinson, s’avance comme l’un de ces disques ambient et contemplatifs misant majoritairement sur sa dimension évocatrice. Nappe d’arrière-plan quasi-imperceptible, guitare détachée à l’avant, accords délicatement joués et éléments micro-électroniques épars sont convoqués en tant que contributions musicales tandis que, au titre des effets, quelques saturations et réverbérations interviennent de temps à autre. L’ensemble ainsi mis en place se distingue par une forme de sobriété non ostentatoire (volonté de ne pas saturer l’espace sonore, précision des apports) et une présence de vocalises sur le morceau-titre uniquement.
En contrepoint, on relèvera que ce type de proposition peut avoir tendance à se perdre dans une forme de complaisance. Ici, par exemple, on sent poindre cette impression vers la fin de Half Blonde, morceau d’ouverture s’étirant sur dix-sept minutes : Félicia Atkinson semble le faire durer sans trop savoir comment le terminer, hormis l’utilisation d’un classique fade out. Sentiment assez proche sur le morceau-titre : la guitare grattée et la voix de la jeune femme pourraient dialoguer au-delà ou en-deçà des sept minutes trente puisque cette durée effective du morceau n’apparaît motivée par aucune justification artistique, si ce n’est l’abandon que peut susciter le voyage ayant servi d’inspiration à l’album. Souci tout à fait légitime ceci dit.
le 17/06/2011