du 06/05/2011 au 17/07/2011
Centre Culturel Suisse,
Paris
Revenue vivre à New-York après sept années passées en Suisse, Amy O’Neill est fortement imprégnée de la culture de ces deux pays. Comme à l’accoutumée avec l’États-Unienne, son travail se penche sur l’identité accolée à une appartenance nationale et les moyens de la traduire plastiquement. Cette fois-ci, c’est à deux symboles qu’elle s’attache : le drapeau et l’aigle.
On sait la valeur, outre-Atlantique, du premier (rien qu’en pensant aux condamnations d’activistes le brûlant) qui se trouve ici détourné en le reproduisant sur du tissu ou en le matérialisant au sol à l’aide de sacs de jute, bandes vertes et sables (Deconstructing 13 Stripes and a Rectangle). Occupant l’intégralité de la grande salle du Centre culturel suisse, cette installation navigue alors entre jardin potager et terrain d’entraînement dans un geste qu’on pourrait même qualifier d’antimilitariste. Cette dimension politique, pas forcément présente dans les travaux d’Amy O’Neill jusqu’alors, va se trouver confortée par la présence d’un fronton de bâtiment sur lequel trône un aigle (figure que l’on aperçoit également en trame de fond d’un tissu cousu main), ainsi rabaissé à un motif ornemental.
Au-delà de ces préoccupations, son souci de repenser l’héritage de la culture vernaculaire se traduit par une série de dessins de chalets suisses, la présence d’un épouvantail sommaire, deux vidéos centrées sur l’architecture typique de Pennsylvanie (Forest Park, Forest Zoo) et une arrière-salle de bar (Joes’ Bar). Enfin, plusieurs façades de maisonnettes de jardin sont alignées comme à la parade, autre motif de prédilection de la créatrice.
le 08/07/2011