(Miasmah / Import)
03/06/2011
Electronique

Découpé en seulement deux morceaux, le premier album de Kreng, paru il y a deux ans, parvenait par endroits à s’écarter de cette ambient inquiétante qu’affectionne, parfois ad nauseam Miasmah. Avec un agencement différent (onze pistes oscillant entre deux minutes quarante et neuf minutes), Grimoire ne parvient que trop rarement à renouveler cette performance, se complaisant régulièrement dans l’empilement de ces caractéristiques tellement typiques (souffle d’arrière-plan, fragments métalliques percussifs, notes de piano éparses, violoncelle profond, vocalises apeurées, atmosphère anxiogène). D’ailleurs, un peu paresseusement, le label lui-même convoque l’idée de « musique de film » pour évoquer les compositions du Belge qui, effectivement, peuvent aisément se voir accoler ce qualificatif.
Pour tenter une approche un peu différente, Pepijn Caudron a convié, comme sur L’Autopsie Phénoménale de Dieu, deux musiciens amis. Si les percussions d’Eric Thielemans étaient déjà là sur ce premier long-format, c’est avec intérêt qu’on apprit la participation du piano de Nils Frahm sur Petit Grimoire. Las ! Le Berlinois ne parvient pas à proposer autre chose que des notes de clavier détachées, comme on en trouve déjà sur les autres pistes de l’album, rendant sa contribution quasi-anecdotique.
Dans ce contexte largement déceptif, c’est avec intérêt qu’on accueille des titres comme Wrak et Satyriasis avec leurs poussées sonores et consonances industrialo-métalliques ou Ballet Van De Bloedhoeren et ses cordes de musique de chambre. Avec ses trois morceaux un peu « différents », Grimoire réussit, en fin de compte, à se montrer moins univoquement traditionnel que redouté.
le 19/08/2011