du 15/12/2011 au 26/02/2012
Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris
Clément Rodzielski / Cyrille Maillot / Fred Sandback / Isabelle Cornaro / Le Plateau / FRAC Île-de-France / Mark Geffriaud / Robert Filliou / Ryan Gander
Prenant notamment le relais de Guillaume Désanges en tant que commissaires invités pour la saison 2011-2012, Élodie Royer et Yoann Gourmel proposent de mettre la lumière sur Bruno Munari, artiste protéiforme (designer, plasticien, écrivain, inventeur, illustrateur…) et de faire tourner l’exposition autour de cette figure. De nombreuses œuvres de l’Italien côtoient ainsi quelques-unes de créateurs conviés pour leur proximité ou la contigüité d’une de leurs pièces avec l’esprit de celles de Munari.
On se trouve alors assurément en face d’une personnalité foisonnante et riche mais qui, malheureusement, conduit le Plateau à être rempli, à notre goût, de trop de mobiles, de suspensions, de découpages façon origami, de papiers de couleurs et de petits objets en bois qu’on croirait issus de cours d’éducation manuelle et technologique pour enfants. De fait, les dizaines de bambins présents le jour de notre visite étaient ravis de pouvoir jouer sur les balançoires de Robert Filliou, évoluer au milieu des lampes pendues au plafond ou jouer avec les cordes de Fred Sandback comme s’ils étaient encore dans leur cour de récréation.
En sus de Bruno Munari, d’autres artistes sont donc présentés et, comme influencés par cette figure tutélaire, versent aussi dans l’anecdotiquement joli, à l’image des trois petites sculptures en « L » de Cyrille Maillot, plus proche du bricolage qu’autre chose, de la marche en terre cuite de Mark Geffriaud ou des peintures de Clément Rodzielski.

En vérité, seuls deux plasticiens nous ont paru savoir suffisamment s’extraire de l’autorité de Munari pour livrer des créations pertinentes. Ainsi, Isabelle Cornaro découpe un paysage peint en le transposant sur quatre plaques de verre transparents, suspendues en l’air ou accolées à la cimaise, dans un geste convaincant isolément (quand on regarde chaque panneau) comme collectivement (quand l’œil saisit cette enfilade). Reprenant la figure du mobile largement présente dans l’exposition, Ryan Gander y mêle, pour sa part, formes utilisées par Munari et motifs que l’on trouve plutôt chez Calder, puis jette au sol le jouet comme si le fil s’était cassé, la déchéance semblant alors la seule issue possible pour cet objet hybride.
le 27/02/2012