du 25/11/2011 au 20/01/2012
Centre Culturel Irlandais,
Paris
Aux expositions collectives, ces pages font parfois le reproche d’être éloignées de leur sujet supposé et de ne tracer qu’un lien trop ténu entre les artistes et œuvres présentées. Avec De l’émergence du Phénix, le Centre culturel irlandais échappe assurément à cette critique puisque les pièces des six créateurs exposés tournent bien autour de divers volatiles, voire de cet oiseau mythologique.
Saisis en plein vol (le fou de bassan de Gannet) ou posés sur le dos (les pinsons en bronze sous vitrine de Three Finches), les oiseaux de Dorothy Cross nous transportent dans une mini-dépendance d’un muséum d’histoire naturelle tandis qu’à l’inverse, le colibri de Jaki Irvine se révèle être bien vivant, filmé en train de papillonner gentiment sur un balcon de Mexico City.
Plus évanescente, la peinture de William McKeown est censée représenter une nuée d’étourneaux mais on y voit surtout un camaïeu de gris. Comme le phénix qui renaît de ses cendres, Rhona Byrne nous propose un passage au crématorium qui aurait pu s’avérer déplacé sans la dernière des trois photographies de cette série, dans laquelle la toiture du lieu prend des airs de piste d’envol (pour l’âme des défunts comme pour l’oiseau de feu ressuscité).
Avec leurs formes plus abstraites et métaphoriques, Mark Garry et Dennis McNulty réalisent enfin des œuvres tout à fait convaincantes. Du minimalisme très travaillé de l’origami en forme d’oiseau réalisé avec une feuille de sycomore du premier, au grand format aérien, à base de tuiles en polypropylène, du second, le geste sait de toute évidence se faire léger et pertinent.
le 15/01/2012