(City Centre Offices / La Baleine)
25/11/2011
Electronique

City Centre Offices / Dictaphone / Jazz / Minimal / Swod
Avec Sekunden, Swod avait opéré un saut qualitatif certain, optant pour une combinaison d’un jeu de piano assez proche du jazz avec des rythmiques électroniques et des samples parlés. Cet alliage, qui fonctionnait parfaitement, est à nouveau sollicité pour ouvrir le troisième album du duo (logiquement intitulé Drei) avec l’excellent Sans Peau, morceau qui réalise ainsi un pont avec le long-format précédent des Allemands et ce nouveau disque, paraissant à nouveau sur City Centre Offices.
Sur la suite de l’album, le propos sera parfois identique (Hellerau, I Am Here) mais globalement moins enlevé. Pour autant, assurément les Berlinois ne mettent nullement de côté toute ambition avec des composantes plus proches d’une techno minimale (Insel), du néo-classique (le piano quasi-solo de Stephan Wöhrmann dans Oktober et Liebling, tout juste accompagné d’une nappe tremblotante) ou d’un jazz plus ralenti (le très bon Largo avec ses coups de batterie appuyés en dialogue avec un piano plus suave). Toujours parmi ces instruments réels convoqués, la basse d’Oliver Doerell dans The Pilot (sorte de remix d’un morceau de Dakota Suite) vient apporter rondeur et profondeur au jeu rapide du clavier et aux éclats de rire féminins diffusés par ailleurs.
Précisément, on peut cependant trouver que les Berlinois abusent un peu du recours aux samples parlés qui vont jusqu’à occuper l’espace sonore de manière un peu abusive (Gemein) ; surtout que le duo n’a pas besoin de cela, prouvant par ailleurs qu’il sait très bien s’en servir comme simple ingrédient, au même rang que les autres. De toute évidence, cette réserve mise à part, Drei s’avère un disque pleinement convaincant, confirmation de son prédécesseur et de notre envie d’apprécier un jour Swod sur scène.
le 15/02/2012